Chantal Nicolas, 55 ans, mère, informaticienne retraitée C'est pour ton bien - Racines de la violence dans l'éducation de l'enfant, par Alice Miller, Aubier, 1960, 320 p., 34,50 $.
Entre 27 et 35 ans, Chantal a lu beaucoup de livres de croissance personnelle. «Je cherchais à comprendre où était mon problème, car je vivais un malaise latent: j'étais stressée et je ne me sentais pas heureuse», raconte cette Française débarquée au Québec à l'âge de 25 ans. Début trentaine, elle vient de rencontrer l'homme qui partage toujours sa vie quand elle tombe sur le livre qui lui permettra d'amorcer une véritable libération intérieure. «Je ressentais une grande culpabilité vis-à-vis de ma mère, qui avait compris que je ne reviendrais jamais en France et qui m'accusait de l'avoir abandonnée, se souvient-elle. Le titre m'a tout de suite accrochée parce qu'elle me disait toujours ''C'est pour ton bien''. La première chose que j'ai retenue de ce livre, c'est que, malgré ses bonnes intentions, certaines des paroles et attitudes de ma mère pouvaient être associées à de la violence psychologique.» À la première lecture du livre d'Alice Miller (qu'elle relira plusieurs fois en l'espace d'un an), Chantal comprend qu'une part d'elle-même est encore gouvernée par la petite fille sous l'emprise d'une maman contrôlante. Elle profite de la thérapie qu'elle vient d'engager pour couper le cordon ombilical et découvrir qui elle est vraiment. Deux ans plus tard, après s'être juré de ne pas avoir d'enfant avant d'être bien dans sa tête, elle accouche d'une petite fille. «J'ai tenté du mieux que j'ai pu de lui offrir un amour inconditionnel, affirme-t-elle. Chaque fois que je suis en désaccord avec ses actions ou attitudes, je suis très claire sur le fait que ça ne remet pas en cause mon amour pour elle.» Le livre de la psychanalyste allemande trône dans la bibliothèque de Chantal depuis maintenant 25 ans.










