À 50 ans: une expérience de vie utile

Notre situation professionnelle

On est en fin de carrière et on ne cherche plus à performer autant. On veut un emploi stable qui va nous mener jusqu'à la retraite, et plusieurs préfèrent travailler à temps partiel. «Certaines aussi retournent sur le marché du travail après une longue absence», note Francesca Dalio, coordonnatrice de la Cinquantelle, un service d'aide à l'emploi pour les femmes de 50 ans et plus.

Malheureusement, l'insécurité est souvent présente. «Plusieurs femmes dans la cinquantaine se croient trop âgées pour le marché du travail, dit Annie Chauvette. Elles craignent de ne plus être à la hauteur et d'être dépassées sur le plan des nouvelles technologies.»

Nos forces

À 50 ans, on est dévouée envers notre employeur et assidue au travail, remarque Annie Chauvette. «Des études ont d'ailleurs montré que cette génération s'absente moins souvent que les autres groupes de travailleurs.» «Les personnes dans la cinquantaine s'expriment bien, ajoute Lucie Dubé. Elles présentent une facilité relationnelle et utilisent spontanément le vouvoiement», ce qui en fait d'excellentes candidates pour le commerce au détail, entre autres. De plus, leur maturité les rend efficaces et fiables. «Une infirmière dans la cinquantaine, par exemple, sait rapidement comment organiser son travail, comparativement à une jeune diplômée», soutient Francesca Dalio.

Nos difficultés

L'âge est la principale difficulté à surmonter: les recruteurs hésitent parfois à choisir des personnes dans la cinquantaine, malgré leur expérience, craignant qu'elles ne partent rapidement à la retraite ou qu'elles ne soient moins productives en raison d'ennuis de santé. De plus, le manque de formation peut désavantager ces candidates, note Annie Chauvette. «Une étude d'Emploi-Québec révèle que 40 % des 50 ans et plus n'ont pas de diplôme d'études secondaires.» Certaines peinent aussi à vendre leur candidature. «Les femmes dans la cinquantaine ne voient pas toujours qu'elles ont des compétences transférables dans d'autres domaines», explique Francesca Dalio.