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- Page 1
- Traditionnelles ou avant-gardistes?
- Page 2
- Une décision de couple
- Page 3
- Questions de sous
- Page 4
- Briser l'isolement
- Page 5
- Le papa à la maison: un spécimen...
Toujours à la course entre le boulot et la maison, on rêve parfois de dire «bye-bye, boss!» et de devenir femme au foyer. Utopie ou objectif réalisable? Des témoignages de mamans qui ont fait le saut et des conseils de spécialistes pour nous aider à y voir clair.
On craint de s'ennuyer, de manquer de contacts avec d'autres adultes? «Rester à la maison ne veut pas dire rester dans la maison», rassure Josée, qui participe assidûment aux rencontres des Matinées mères-enfants, à Saint-Hilaire, et qui fait même partie du conseil d'administration de l'organisme. La province compte plusieurs regroupements semblables. «On peut aussi s'inscrire à un cours mère-enfant, aller à l'heure du conte à la bibliothèque, au parc», énumère Josée. À tous ces endroits, on rencontre des femmes qui partagent les mêmes valeurs que nous et qui peuvent devenir des copines.
D'après Nicole Desjardins, ce réseautage est essentiel. «Si notre conjoint est le seul adulte qu'on voit, on risque de trop l'accaparer et devenir dépendante de lui. Il n'arrivera jamais à répondre à notre soif d'échanges et cela peut créer des tensions dans le couple.»
Quand les enfants grandissent
La plupart des mamans prévoient réintégrer le marché du travail un jour. Comment seront-elles accueillies par les employeurs? Pas si mal, selon Danielle Labre, conseillère en ressources humaines agréée chez Brochu et Labre. «Les employeurs sont plus ouverts qu'avant, surtout que des pénuries de personnel sont prévues dans plusieurs domaines. Toutefois, leur accueil dépend beaucoup de l'attitude de la femme qui revient. A-t-elle confiance en elle? Il ne faut surtout pas partir perdante en disant qu'on n'a pas fait grand-chose pendant nos années à la maison. Au contraire, on doit faire ressortir les qualités et les compétences acquises.»
Inutile de le nier: un certain recul est souvent inévitable. «Je recommencerai probablement au bas de l'échelle en faisant de la suppléance», constate Christine. Pour mettre plus de chances de notre côté, on garde à jour nos connaissances avec des lectures, des conférences, la participation à des groupes de discussion sur Internet, etc. «Si on ne fait rien, on risque d'accuser un gros décalage quand on tentera un retour au travail», explique Danielle Labre. Selon notre domaine, on devra aussi éventuellement suivre une formation de recyclage. À cet effet, la spécialiste conseille de ne pas attendre à la dernière minute. «Si on prévoit recommencer à travailler l'an prochain, on vérifie dès maintenant si les outils utilisés sont toujours les mêmes, si on doit aller chercher de nouvelles compétences, etc.»
De plus en plus de femmes profitent toutefois de cette parenthèse professionnelle pour repenser leur organisation du travail. Isabelle a laissé tomber un poste en marketing pour se réorienter quand elle a adopté son fils. «Je désirais passer beaucoup de temps avec mon garçon, mais garder tout de même une activité professionnelle. J'ai donc suivi un cours intensif en sommellerie et, depuis, je donne des ateliers-dégustations auprès de particuliers ou d'entreprises.» Avec sa copine Manon Lavoie, elle a fondé le Mouvement Inspiration pour redorer l'image des femmes qui se consacrent à la famille et les inciter à se réaliser dans toutes les sphères de leur vie. «Il n'y a pas que deux modèles possibles: mère au foyer ou au travail. Il faut se servir de ses intérêts pour se réinventer.»
Manon, pour sa part, a démissionné de son emploi de conseillère en communications dans une grande entreprise pour devenir travailleuse autonome. Elle rédige notamment une chronique sur les mères à la maison pour le portail Internet PetitMonde.com. «Ça nous procure un revenu d'appoint tout en me permettant de garder contact avec le milieu.» Audiologiste, son conjoint a réduit son horaire de travail pour passer lui aussi plus de temps avec Antoni, 2 ans, et le deuxième petit garçon que le couple attend ces jours-ci. «Nous vivons vraiment le meilleur des deux mondes!» lance Manon.

















