Questions de sous
A-t-on les moyens de se priver d'un salaire? On regarde d'abord les économies qu'on réalisera: moins de frais de transport, de vêtements, de lunchs au resto, pas de frais de garde, etc. Sauf de rares exceptions, toutefois, on devra adopter un train de vie plus modeste.

La planificatrice financière Lison Chèvrefils suggère d'analyser nos dépenses sous la loupe de nos valeurs. «Le budget, c'est plus qu'une colonne de chiffres. Derrière chaque dépense, il y a des choix, des priorités. Pour décider où couper, on doit se demander quelle importance on accorde à chacune.» Par exemple, certaines familles se passent d'une deuxième voiture. Pour d'autres, le deuxième véhicule est non négociable. On peut acheter une maison plus petite, magasiner dans les friperies plutôt que dans les boutiques, emprunter des livres à la bibliothèque au lieu de les acheter, etc.

Ne pas négliger non plus les petites dépenses, qui, en s'accumulant, finissent pas faire de gros montants: eau en bouteille, billets de loterie, muffin acheté au dépanneur, etc. Puis, avec l'aide d'un logiciel comptable ou d'un spécialiste, on évalue la réduction d'impôt dont on bénéficiera avec un seul revenu au lieu de deux. On décide ensuite si on peut se permettre l'aventure.

Chéri, as-tu 20 $?
Jusqu'ici, on avait un salaire dont on disposait à notre guise (une fois les dépenses du ménage payées, bien sûr). Du jour au lendemain, on perd notre autonomie financière. Une situation parfois difficile à vivre. «Si on doit quémander de l'argent chaque fois qu'on veut aller chez le coiffeur, on se place dans une position intenable», met en garde Lison Chèvrefils. Elle suggère que le conjoint verse à la mère au foyer une allocation que celle-ci peut utiliser comme bon lui semble, sans rendre de comptes. Ce montant, établi selon les revenus et les besoins de la famille, doit être distinct du budget familial.

Par ailleurs, pendant nos années passées à la maison, on ne cotise plus à la Régie des rentes du Québec, ce qui réduira le montant qu'on recevra à notre retraite. Si notre conjoint en a la capacité financière, Lison Chèvrefils recommande qu'il contribue à notre REER. On aura ainsi plus de sous à notre retraite en plus de bénéficier immédiatement d'avantages fiscaux.
On vit en union de fait? On n'aime pas y penser, mais on pourrait se retrouver démunie en cas de séparation puisque notre conjoint ne serait pas tenu par la loi de partager avec nous son REER et les biens qu'il a achetés. Pour se protéger, on signe devant un notaire une convention d'union de fait qui prévoira notamment le partage des biens de façon équitable.