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- Traditionnelles ou avant-gardistes?
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- Une décision de couple
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- Questions de sous
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- Briser l'isolement
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- Le papa à la maison: un spécimen...
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Toujours à la course entre le boulot et la maison, on rêve parfois de dire «bye-bye, boss!» et de devenir femme au foyer. Utopie ou objectif réalisable? Des témoignages de mamans qui ont fait le saut et des conseils de spécialistes pour nous aider à y voir clair.
Christine Dupont n'a pas vécu cette ambivalence. Pour elle, c'était clair: elle serait maman à la maison. «Pendant mes études universitaires, je prévoyais déjà interrompre ma carrière pour élever mes futurs enfants. Je voulais prendre du temps avec eux et ne pas leur imposer le stress généré par le tourbillon du travail, de la garderie, des soupers à préparer en vitesse.» Comme prévu, quand son petit Philippe est né, elle a quitté son emploi d'enseignante au primaire.
Le choix de Christine est celui d'une minorité. On est nombreuses à en rêver (70 % des mamans qui travaillent, selon un sondage CROP-La Presse publié l'an dernier), mais bien peu passent à l'acte. En fait, 78 % des mères avec des enfants de moins de 6 ans sont sur le marché du travail, selon Statistique Canada. Et cette tendance n'est pas à la baisse, contrairement à ce que laissent croire les reportages sur l'épuisement des mères au travail et la difficile conciliation travail-famille. En effet, depuis 1976, où 30 % seulement des mamans occupaient un emploi, la proportion des mères au travail ne cesse d'augmenter.
Traditionnelles ou avant-gardistes?
Celles qui décident de revenir au mode de vie de nos grands-mères sont bien conscientes d'aller à contre-courant. L'ironie, c'est qu'en incarnant le stéréotype de la femme au foyer elles brisent le stéréotype moderne de la maman qui conjugue marmots et boulot.
Dans une société qui valorise le travail rémunéré, ce choix exige une bonne dose de détermination, car abandonner son emploi signifie perdre le statut social qui vient avec. Les mères scolarisées se heurtent souvent à l'incompréhension de leur entourage. «Des personnes m'ont dit que je gâchais ma vie, que c'était du gaspillage, un recul pour les femmes», raconte Christine.
Josée Monast rage d'entendre des commentaires comme ceux-ci. «La véritable émancipation des femmes, c'est de pouvoir choisir entre la maison ou le marché du travail et de bien vivre avec sa décision», soutient cette ancienne secrétaire juridique qui nage en plein bonheur en veillant à temps plein sur ses trois filles de 1 à 4 ans.
«Le regard que la société porte sur les mamans à la maison est en train de changer, estime toutefois Line Boutet, intervenante à Naissance Renaissance Estrie. Les femmes qui mettent leur carrière en veilleuse pour élever leurs enfants se sentent davantage valorisées que celles qui les ont précédées.»
De nos jours, on est maman à la maison par choix. La joie de voir les enfants grandir, la satisfaction de les élever soi-même, la volonté de passer plus de temps avec eux sont les principales raisons invoquées. D'autres femmes, épuisées par un rythme de vie essoufflant, décident de balancer leur emploi avant d'y laisser leur peau. C'est le cas de Dominique Veilleux, comptable et maman de William, 17 mois. «Après mon congé de maternité, j'ai repris le travail pendant trois mois. Mais ça m'arrachait le coeur de ne pas être avec mon fils pendant la journée. Et le soir, j'étais trop fatiguée pour profiter de sa présence. Je ne voulais pas qu'il vive avec une maman irritable. J'ai donc démissionné.» Dès ses premières journées à la maison, elle a vu un changement. «Le climat familial est devenu plus harmonieux. J'ai réalisé que les enfants sont comme des éponges: quand on ne se sent pas bien, ils le ressentent, et vice-versa.»
Pour Nicole Desjardins, thérapeute conjugale et familiale, peu importe ce qui nous motive, l'important, c'est d'être convaincue qu'on prend la meilleure décision en regard de notre propre situation, de notre personnalité et de nos intérêts. Maman de deux garçonnets de 3 ans et 14 mois, Annie-France Charbonneau a quitté son emploi pour suivre son conjoint, muté à l'étranger. Devenue femme au foyer, elle avoue s'ennuyer de son milieu professionnel. «J'avais un poste très intéressant dans le secteur des communications. Quand mes anciens collègues me parlent des projets au bureau, j'ai un petit pincement au coeur. Je me sens déconnectée et la valorisation professionnelle me manque.»
Après avoir expérimenté la vie de mère à la maison, Marjolaine Caron a, quant à elle, décidé de retourner sur le marché du travail. «Passer mes journées à jouer et à m'occuper des filles ne me suffisait pas sur le plan intellectuel. J'avais besoin de parler d'autre chose que de Caillou!» Certes, cette technicienne de laboratoire, maman de deux fillettes de 1 et 3 ans, reconnaît qu'il est parfois essoufflant de concilier travail et famille. Mais l'effort en vaut la peine, selon elle. «Je suis plus épanouie. J'ai une vie à moi. Je ne suis plus seulement une mère.»

















