Selon Claude Sévigny, la critique devrait porter sur un élément qui touche notre propre travail, sinon mieux vaut s'abstenir. De plus, avant de parler à notre patron, on s'assure qu'il est dans de bonnes dispositions et qu'il n'est pas en train de régler une urgence.
Une façon efficace consiste à présenter notre remarque comme une demande d'aide et non une revendication. Ainsi, on signale au patron qu'on a un problème sans nécessairement lui mentionner que son comportement est en cause (si c'est le cas). Prenons l'exemple d'une adjointe à qui le patron demande régulièrement d'effectuer une tâche quelques minutes avant 17 h. Lui lancer qu'il est mal organisé serait assurément maladroit. Elle lui dit donc: «Quand vous me confiez une tâche au moment où je suis sur le point de partir, je suis stressée et nerveuse, et je risque de faire des erreurs. Si j'avais plus de temps, le travail serait mieux fait. Comment pourrait-on régler ce problème?» Un autre bon truc avec un patron, c'est d'insister sur notre désir de mieux accomplir notre travail.
Critiquer une collègue, une opération délicate
Pas facile d'adresser une critique à une collègue qui est au même niveau hiérarchique que nous. C'est pourtant parfois nécessaire. «Je formais une nouvelle employée, mais elle n'était toujours pas autonome au bout de quelques semaines, raconte Christiane, représentante des ventes pour une société pharmaceutique. Lorsqu'elle m'a demandé le même numéro de téléphone pour la troisième fois, je le lui ai fait remarquer, puis je lui ai dit: "Cette fois-ci, je t'invite à le noter, car je perds beaucoup de temps à répondre à tes multiples questions et je serai moins disponible dorénavant." Le problème a été réglé.» De l'avis de Louise Lachapelle, Christiane a adopté la bonne stratégie. «Elle a donné les faits, puis elle a expliqué comment les gestes de sa collègue se répercutaient sur elle.»
Une autre bonne approche consiste à faire valoir à la collègue concernée qu'il sera plus facile d'atteindre un objectif commun si chacun y met du sien. Par exemple, il est plus efficace de dire «Nous terminerons l'inventaire à temps si nous nous y attaquons tout de suite» que «Tu perds du temps avec des tâches moins urgentes.».
Par ailleurs, quand on veut signaler à une collègue une lacune qui n'a pas d'effet direct sur nos propres tâches, il faut montrer encore plus de tact. On constate que Louise perd beaucoup de temps à chercher des documents et gagnerait en efficacité avec une meilleure méthode de classement. On lui demande: «Puis-je te faire une suggestion?» ou «Voudrais-tu que je te montre une méthode plus efficace?». Si elle accepte, on lui donne notre truc: libre à elle de l'appliquer ou pas.










