Effectuée dans les règles de l'art, la critique nous permet de savoir où se trouvent nos lacunes et d'identifier les points à améliorer. Alors que la critique négative affecte l'estime de soi et suscite un sentiment d'incompétence, la critique constructive augmente l'efficacité des entreprises et des personnes. «Quand on apprécie quelqu'un, on devrait le critiquer si c'est nécessaire, affirme Claude Sévigny. Et quand on le critique, on ne devrait pas oublier qu'on l'apprécie.»
Les 7 grands principes de la critique constructive
1. Le bon moment. Une règle d'or: éviter de critiquer sous le coup de la colère, car nos paroles pourraient dépasser notre pensée. Se demander aussi si notre collègue est dans le bon état d'esprit pour entendre ce qu'on veut lui dire. Le mieux est de privilégier le tête-à-tête. Mais si on doit faire des critiques devant un groupe parce qu'on discute d'un projet d'équipe, par exemple, veiller à diriger les commentaires sur le travail et non sur la personne qui l'a fait. Ainsi, on dira que tel aspect doit être retravaillé plutôt que de signaler directement à Brigitte qu'elle doit reprendre le volet dont elle avait la charge. Une autre méthode gagnante consiste à rappeler à l'ensemble du groupe une règle de fonctionnement interne au lieu de critiquer ouvertement la personne visée par le problème: «Il est très important que nous portions tous notre équipement de sécurité dans l'usine.»
2. Des faits, rien que des faits. Selon Louise Lachapelle, qui donne un cours sur l'art de communiquer en situations délicates de gestion à HEC Montréal, beaucoup de gens commettent l'erreur de critiquer des attitudes. «C'est une perte de temps, car c'est trop abstrait. Dire à quelqu'un qu'il est négligent ou étourdi, ça signifie quoi? Ce qu'il faut, c'est s'appuyer sur des faits précis.» Mme Lachapelle suggère de noter les événements, y compris le lieu, la date et l'heure. Bien entendu, il est préférable de préparer notre critique, car on peut alors réfléchir à la meilleure façon de transmettre notre message. Ainsi, on aura des exemples concrets pour confirmer nos propos (ex.: «Un article a été oublié dans chacune des trois dernières commandes»). Il n'est pas nécessaire d'apporter notre bout de papier avec nous, surtout si on n'a pas d'autorité sur la personne avec qui on veut discuter: simplement relire nos notes avant de la rencontrer. L'autre avantage de cette méthode, c'est de nous permettre de prendre conscience que notre perception ne repose parfois sur rien de concret. On peut alors faire marche arrière sans s'être mis les pieds dans les plats. Autre point important: on n'accuse pas, on constate. «Notre message a plus de chances de passer si on adopte un ton et une attitude conciliants», rappelle Mme Lachapelle.










