Pour regagner de notre précieux temps, on peut...


Recentrer nos priorités.
«Trop souvent, on est en mode réaction, c'est-à-dire qu'on ne décide pas vraiment de tout ce qu'on fait, dit Denyse Normand, formatrice en gestion du stress, du temps et des priorités. On éteint des feux toute la journée.» Pour reprendre le contrôle, elle conseille d'identifier ce qui est important pour nous et de faire des choix en conséquence. Est-ce vraiment ce que je veux? Qu'est-ce qui compte le plus pour moi? Voilà autant de questions à se poser. Ainsi, c'est parce que Farrah et son conjoint ont fait cette réflexion que leurs enfants n'ont ni cours parascolaires ni activités sportives organisées. «Nous avons tenté l'expérience, mais nous n'étions pas bien là-dedans. Il fallait courir pour arriver à l'heure, mettre en place une logistique compliquée. C'était stressant.» Les jeunes parents se sont rappelé leur priorité: passer du temps agréable en famille. Désormais, ils préfèrent organiser des sorties avec leurs enfants au moment qui leur convient et non selon un horaire imposé.

Avec les priorités viennent aussi les renoncements et les compromis, met cependant en garde Mélanie Paquet. Par exemple, on renonce à acheter une plus grosse maison parce qu'il faudrait travailler davantage pour la payer, ce qui viendrait en contradiction avec notre désir de passer plus de temps avec notre conjoint. Ou encore, on peut remettre à plus tard notre ambition de décrocher une promotion parce qu'on veut prendre soin de notre mère malade.»

Un renoncement, Sophie, 28 ans, en a fait un gros. Propriétaire d'une entreprise de huit employés spécialisée en marketing, elle n'a trouvé personne pour la remplacer pendant son congé de maternité. Trois semaines après la naissance de Loïc, elle était de retour au bureau. «Être en affaires exige de longues heures. Je ne voyais presque pas mon fils. Je courais tout le temps. Je rognais sur mes heures de sommeil. J'étais déchirée entre mes rôles de mère et de femme d'affaires.» Elle a alors posé un geste crève-coeur: fermer son entreprise. Elle occupe désormais un emploi où elle n'a pas à effectuer de temps supplémentaire. «Mon stress est tombé. Je suis de meilleure humeur. Je profite à plein de mon fils, qui a maintenant 14 mois.»

Heureusement, il n'est pas toujours nécessaire de poser des gestes aussi draconiens pour être en paix avec nos valeurs. C'est parfois aussi simple qu'aviser nos collègues et notre patron qu'on quittera le bureau à 17 h pile pour assister au spectacle de notre fille à l'école. Et tant pis pour les urgences de dernière minute!

Enfin, Denyse Normand suggère de consacrer cinq minutes en fin de journée à dresser une liste des tâches à accomplir le lendemain. «On y va en tenant compte de nos priorités. Il importe d'être réaliste à propos de ce qu'on peut accomplir pendant le temps dont on dispose. Cela signifie ne pas se surcharger et laisser des cases vides pour les imprévus.»