Mais encore faut-il avoir les moyens de se l'offrir ce congé sabbatique. Certaines personnes peuvent bénéficier d'un congé à traitement différé. Cette formule – qui peut toutefois varier selon les conventions collectives – consiste à retenir une partie du salaire de l'employé pendant quelques années et de lui remettre ce montant pendant son absence.
Répandu dans les secteurs publics et parapublics, le traitement différé est rare dans le secteur privé. On y offre plutôt des congés sans solde. Les personnes qui désirent changer d'air, avec l'assentiment de leur patron, doivent prendre en charge elles-mêmes leur épargne. Selon David Pidgeon, planificateur financier, il n'existe pas de formule miracle. «À moins d'avoir les économies nécessaires, il faut mettre des sous de côté.» Le planificateur financier conseille d'épargner de façon systématique, par retenue sur le salaire ou par prélèvements automatiques dans notre compte. «On doit se considérer comme le créancier le plus important», souligne le spécialiste qui recommande par ailleurs d'investir ces sommes dans des placements sûrs, comme les certificats de placement garanti.
Tout calculer
Combien épargner? «Cela dépend de ce qu'on veut faire, répond David Pidgeon. Il faut évaluer les coûts de notre projet et tout calculer. Par exemple, le transport et l'hébergement si on veut voyager. Sans oublier qu'il faudra continuer à payer nos frais fixes en notre absence, comme le loyer ou l'hypothèque, les services publics, les assurances, etc. Peut-être qu'on se rendra compte qu'on devra économiser pendant trois ou quatre ans et réduire son train de vie pour financer son rêve.»
Selon le planificateur financier, le retrait du REER devrait être envisagé en dernier recours. «Cela peut sembler une bonne chose parce que la personne n'a aucun revenu et que son taux d'imposition est moins élevé, mais elle risque de compromettre sa retraite.» Par ailleurs, le programme fédéral de Régime d'encouragement à l'éducation permanente (REEP) permet de retirer jusqu'à 10 000 $ par année de son REER, sans être imposé, à condition d'étudier à temps plein. Les sommes retirées doivent être remboursées dans les 10 années suivantes.
Atténuer le choc du retour
Un jour ou l'autre, il faudra retourner au travail. Julie Carignan, psychologue organisationnelle et associée à la Société Pierre Boucher – psychologie organisationnelle, conseille de planifier son retour avant de partir. «On doit avoir un dialogue ouvert avec son patron afin de lui faire part de nos attentes et connaître les siennes, dit-elle. La Terre n'arrêtera pas de tourner en notre absence. On doit s'attendre à ce qu'il y ait eu des changements dans notre milieu de travail et être prête s'y adapter. Quelques semaines avant le retour au boulot, on devrait commencer à se remettre à jour dans notre domaine, s'informer des changements dans notre organisation et adopter une routine.»
En fait, il s'agit de se ménager un atterrissage en douceur.













