Ensuite, il faut identifier les moyens qui nous permettront d'atteindre nos objectifs. «Par exemple, si on prend congé pour se mettre à jour dans notre domaine, on voudra peut-être retourner aux études ou aller faire un stage en Europe, explique Chantal Boudreau. Pour faire le vide, on envisagera de prendre des cours de yoga ou encore de s'investir dans des activités autres que le travail, comme le jardinage, la musique ou la peinture. Ainsi, si on veut faire le tour du monde, on s'assurera d'avoir les visas nécessaires, de se faire vacciner, de trouver une personne de confiance qui pourra s'occuper de notre maison en notre absence, etc. Notre plan de match variera en fonction de nos objectifs.»

Juliette, professeure de français, dans une école secondaire, s'est préparée un an à l'avance. «Je voulais aller passer quelques mois au Costa Rica. J'ai pris des cours d'espagnol le midi à l'école afin de pouvoir me débrouiller dans la langue du pays. Puis, grâce à divers contacts, je me suis trouvé une famille costaricaine prête à m'accueillir en échange de cours de français. Cela m'a permis de découvrir le pays et sa culture en dehors des circuits touristiques.»

Convaincre son employeur
Dans les secteurs publics ou parapublics, prendre une sabbatique est fréquent. Cette disposition est même prévue dans les conventions collectives. Nathalie Lord, conseillère en réadaptation et en transition professionnelle, chez lord & complice, note que dans le secteur privé, certains patrons sont réticents à accorder de tels congés. «Quand on travaille dans une petite entreprise où notre poste est unique, le gestionnaire risque de ne pas être très ouvert: notre absence va désorganiser l'entreprise.»

Pour réussir sa démarche auprès de son patron, Nathalie Lord suggère de présenter des solutions en même temps que notre requête. «Par exemple, on pourrait proposer à notre patron d'accueillir un stagiaire durant l'année qui précède notre congé et le préparer à nous remplacer.» Selon elle, notre employeur sera plus enclin à nous accorder notre congé s'il y voit des avantages, par exemple, si notre projet vise à parfaire notre formation. «Il faut également l'aviser tôt, soit environ un an à l'avance.»