1er prix: Carole Robert

Cofondatrice et présidente de la Fondation BDA (Biotechnologie pour le développement durable en Afrique), Mention spéciale biodiversité végétale internationale

«Le commerce, pas la charité», traduction libre de trade not aid. C'est le mantra que répète Carole Robert lorsqu'on la questionne sur ses raisons de croire autant au modèle de la Fondation BDA, qu'elle a créée. Oeuvrant une quinzaine d'années dans le domaine des exportations, elle réalise qu'il s'agit là d'un puissant outil pour développer le potentiel économique d'un pays. En 2004, inscrite au programme de MBA de HEC Montréal, elle voit comme une superbe occasion à saisir la publication par l'Organisation mondiale de la santé d'un guide de récolte des plantes médicinales. Elle y apprend que l'Afrique subsaharienne, plus spécifiquement la République démocratique du Congo (RDC), détient 43 % des ressources mondiales de plantes médicinales. «C'est là que se trouve la plus importante forêt tropicale du monde après l'Amazonie. La RDC abrite à elle seule environ 60 % des espèces animales et végétales recensées dans le monde», poursuit-elle. Deux ans plus tard, diplôme en poche, elle met le cap sur l'Afrique pour plancher sur son projet.

C'est ainsi que naît le volet Plante-Action de la Fondation, qui vise à former au sein de la population locale des entrepreneurs dans la culture durable des plantes médicinales. «Le programme s'échelonne sur trois ans. La première année, les étudiants reçoivent une formation théorique sur la culture, la récolte, la transformation, etc. La deuxième, ils mettent en pratique la théorie apprise et, la troisième, ils lancent leur entreprise», explique la femme d'affaires. La trentaine de candidats et de candidates choisis doivent posséder de solides connaissances en agriculture, doublées d'un sens de l'entrepreneuriat. Ils doivent aussi être propriétaires d'un terrain qu'ils pourront exploiter. Cette année, un premier groupe obtiendra son diplôme et, pour chaque nouvel entrepreneur, les espoirs sont grands. «La plupart n'ont pas revu leurs familles et leurs enfants depuis trois ans. Leur communauté leur offre un soutien durant leur absence en retour d'une promesse d'un avenir un peu plus rose pour leur village», précise la femme d'affaires.

Évidemment, un tel projet coûte cher, mais Carole Robert assure que le financement arrive de diverses façons. «On récupère notamment l'équipement désuet de compagnies pharmaceutiques d'ici pour meubler notre centre de conditionnement des plantes médicinales en RDC», explique-t-elle. Elle souligne le soutien financier de nombreux bailleurs de fonds mais aussi le partenariat avec des entreprises québécoises intéressées à donner de leur temps pour aller former ses étudiants et ainsi s'investir dans le développement durable. Ainsi, le personnel d'une agence de publicité s'est rendu en RDC pour créer les logos des entreprises ainsi que les cartes d'affaires des nouveaux entrepreneurs en plus de travailler à la récolte.

Mme Robert a hâte de voir son projet faire des petits. «D'autres pays d'Afrique m'ont approchée pour que la Fondation développe le programme pour eux», explique-t-elle. Quant aux prix remportés par la Fondation, elle les voit comme une grosse «tape dans le dos» et souhaite qu'ils assurent un rayonnement mondial autant à la Fondation qu'aux diplômés du programme qui se lanceront bientôt en affaires.

Pour en savoir plus: Biotechnologie pour le développement durable en Afrique