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- Êtes-vous résiliente?
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On affronte toutes, dans notre vie, une épreuve importante. Certaines la surmonteront et d'autres, auront du mal à s'en remettre. Pourquoi? La résilience.
Boris Cyrulnik aurait pu ne jamais se remettre d'avoir connu tant de malheurs à un si jeune âge. Il y est pourtant arrivé, et de brillante façon: devenu psychiatre et neuropsychologue, il est présentement directeur d'enseignement à l'Université de Toulon, en France, en plus d'être père de deux enfants. Mais surtout, il est devenu un auteur reconnu et le premier en France à se pencher sur un concept dont il est lui-même un exemple frappant: la résilience, ou la capacité de rebondir après un coup dur.
Dans le cas de Nathalie, 34 ans, c'est toute une série d'événements qui l'ont ébranlée. «À 27 ans, j'ai vécu ma première peine d'amour, raconte-t-elle. Durant la même période, ma meilleure amie est partie vivre à l'étranger, et ma mère est tombée malade.» Pendant plusieurs mois, la jeune femme s'est sentie «brisée de l'intérieur» et très seule. «J'avais l'impression de n'être plus tout à fait vivante», se rappelle-t-elle. Malgré cela, elle s'en est sortie. Plus vivante que jamais.
Une chaîne de plusieurs maillons
Si Nathalie a réussi à rebondir, c'est parce qu'elle a su puiser dans ses ressources intérieures. «Ma mère m'a élevée en me répétant qu'on n'est pas victime de sa vie, qu'on peut toujours faire des choix.» Avec ces paroles en mémoire et en se disant que rien n'arrive pour rien et que tout reste à espérer, Nathalie s'est relevée peu à peu et a repris sa vie en main. De plus, elle a été capable, avec le temps, de voir le côté positif de tout ce qui lui arrivait. «La maladie de ma mère m'a rapprochée d'elle, et ma rupture m'a permis de rencontrer mon nouveau conjoint!»
Force de caractère? «C'est sûr qu'il y a dans la résilience des facteurs qui relèvent du tempérament, en partie inscrit dans nos gènes, explique la psychologue Sophie Lorgeau, chargée de cours à l'Université Laval en psychologie du développement de l'enfant et des méthodes d'intervention-prévention. Il est prouvé que certains bébés naissent plus vulnérables au stress, par exemple, mais le facteur génétique, ou inné, est très loin d'expliquer seul la résilience.» De fait, les facteurs génétiques peuvent facilement être réduits à néant si un manque d'amour et d'attention ont fait entrave à notre estime de soi et à notre confiance en la vie. De même, on ne peut réduire la résilience à une seule question de volonté. «On a beau vouloir s'en sortir, si on n'a pas appris comment surmonter les épreuves, si on n'a aucun réseau de soutien, on n'y arrivera pas», signale Sophie Bond, psychologue au Centre d'étude sur le trauma de l'hôpital Louis-H. Lafontaine.














