Martine a le vertige, Caroline a la phobie des araignées et Julie a peur du noir. Fâcheux, mais elles peuvent toujours, respectivement, éviter les hauteurs, fuir les araignées et installer des veilleuses. Josée, elle, a peur de la mort... Une peur tenace qu'elle porte en elle, qui mine ses gestes et ses pensées, qui l'angoisse et la tenaille au quotidien.. Pour elle, malheureusement, il n'y a pas de fuite possible. Que peut-elle faire?

Les peurs existentielles

En psychologie, on reconnaît quatre réalités incontournables: la mort, la solitude, la liberté et la fatalité. C'est d'elles que découlent les peurs dites existentielles. Comme ces réalités ont en commun que personne n'y échappe, en principe, tout le monde peut en souffrir. Les peurs reliées à l'existence sont présentes en nous tous de façon latente (on en est plus ou moins conscients) et peuvent se manifester avec acuité à tout moment. Or, ce n'est pas le cas. Qu'est-ce qui fait que l'un développe une peur existentielle et l'autre pas? Les experts interrogés s'entendent pour dire qu'il n'y a pas de personnalités davantage à risque. Tout au plus, des fragilités, des histoires d'enfance ou des blessures psychologiques non guéries.

«Ce qu'on appelle une peur existentielle concerne toujours une réalité incontournable et la seule solution, c'est apprendre à y faire face», note Marc-Simon Drouin, psychologue-clinicien et directeur de l'Unité de psychologie de l'UQAM. Le dialogue, la thérapie, la lecture, la réflexion, la philosophie, la musique, la pratique de l'art sont toutes des façons qui permettent de retourner en soi, de se connecter tout en apprivoisant, tranquillement, ces peurs immuables.