Lire la suite...
- Page 1
- Bonheur conditionnel et monnayable
- Page 2
- En nous, en pratique, au quotidien, à...
- Page 3
- Trucs pour être heureuse...
- Page 4
- Qu'attendez-vous pour être...
- Précédent
- Suivant
Je serai heureuse quand j'aurai plus d'argent, un meilleur emploi, perdu 10 livres... Le bonheur, on le conjugue souvent au conditionnel. Pourtant, c'est au présent qu'il faut le savourer!
Miser sur un bébé pour raviver un couple défaillant est une erreur que plusieurs femmes commettent, mais l'attitude d'Annie en trahit une autre, plus profonde et également répandue chez les deux sexes: faire dépendre son bonheur de la réalisation d'une condition ou de l'obtention de quelque chose. En effet, lorsqu'on attend après quelque chose ou quelqu'un pour être heureux, on est souvent déçue. Pour toutes sortes de raisons: parce qu'on n'obtient pas toujours ce qu'on veut... parce que les relations sur lesquelles on mise peuvent se défaire... mais principalement parce qu'on oublie que le bonheur vient d'abord de l'intérieur.
Le bonheur conditionnel
«On vit entre deux pôles: vouloir sans cesse de nouvelles choses et apprécier le quotidien, explique Lucie Mandeville, professeur de psychologie à l'Université de Sherbrooke. Or, la plupart des gens vivent dans le vouloir.» Des enfants, une maison, un amoureux, plus d'argent, plus d'amis, une taille plus mince... les choses qu'on désire et qui, croit-on, nous rendront plus heureuse varient d'un individu à l'autre. Elles varient même considérablement au cours de la vie d'un même individu.
Bien sûr, ces désirs et objectifs ne constituent pas nécessairement une entrave au bonheur. Ce serait même le contraire, dans la mesure où nos aspirations tendent à nous faire évoluer. Ainsi, vouloir un meilleur emploi pour mettre davantage à profit nos talents est tout à fait louable, voire souhaitable, puisque cela nous pousse à nous dépasser. «C'est très bien de faire des projets, d'avoir des buts, c'est ce qui nous fait avancer dans la vie, croit Lucie Mandeville. Vouloir l'auto de l'année n'est pas mauvais non plus. À condition de savoir préserver un équilibre entre ce qu'on veut et ce qu'on a.» Cela veut dire: être en mesure d'apprécier notre situation et savoir vivre pleinement l'instant présent.
Acheter le bonheur
Mais être heureux sans attendre ou courir après quelque chose n'est pas simple. «D'abord, parce qu'on confond souvent bonheur et joies, croit Robert Blondin, conférencier et auteur, notamment, de Maudit bonheur. Mais la satisfaction qu'apportent les joies, petites et grandes, est souvent éphémère.» C'est ce qui fait que ceux qui courent constamment après telle ou telle chose sont souvent déçus dès qu'ils l'ont eue.
«Depuis que je suis en âge de faire de l'argent, j'ai cru que j'avais besoin de choses matérielles pour être heureuse: un condo, un chalet, des objets de luxe... C'est seulement avec l'âge que j'ai compris que je me trompais, que je ne cherchais pas à la bonne place», confie Andrée, 48 ans. «La société de consommation dans laquelle on vit contribue, par le biais de la publicité notamment, à alimenter la croyance qu'on doit acquérir des choses pour être vraiment heureux», commente Yves Gros-Louis, psychologue.
«Le besoin d'acheter, d'obtenir ou d'attendre après quelque chose pour être heureux est à mon avis un réflexe de facilité, commente Robert Blondin. À l'image de notre société de consommation rapide, on veut obtenir du bonheur facilement et vite!» De toute évidence, c'est une stratégie qui ne marche pas.















