Karine le sait trop bien. «J'avais 11 ans quand mes parents ont divorcé, raconte-t-elle. Ma mère s'est remariée, et la situation est devenue plus difficile à la maison. J'étais toujours triste, frustrée et malheureuse. Je me sentais seule au monde. Alors, je me suis mise à manger, tout le temps, n'importe quoi. Je me réfugiais dans la nourriture pour ne pas penser au reste. À l'adolescence, j'avais déjà un surplus de poids de 60 lb.» Quand les émotions deviennent envahissantes, manger permet en effet de les apaiser pour un moment ou d'oublier nos malheurs. «La nourriture peut servir d'analgésique, explique Catherine Dubé. Par exemple, si on est en colère et qu'on mange de façon rageuse, on le fait souvent rapidement et en grande quantité pour se sentir pleine; on enfouit l'émotion. Pendant qu'on mange, on porte notre attention sur autre chose que nos émotions. Quand on s'est calmée, toutefois, on n'est pas toujours fière de nous.»
C'est bien là le hic: l'effet est souvent temporaire. La nourriture soulage et apaise sur le coup, mais après, les émotions refont généralement surface, parfois avec plus d'intensité, car on ne règle pas le problème à la source. Et si on prend l'habitude de se servir de la nourriture comme d'un baume pour l'âme, ça risque d'engendrer d'autres émotions et conséquences: prise de poids, culpabilité, faible estime de soi. «On en vient à cumuler encore plus d'émotions négatives et on mange plus pour les soulager, estime Marie Watiez. On entre alors dans un cercle vicieux.»
Lisez la suite de cet dans le numéro d'août 2009 de Coup de pouce.
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