Car, à moins d'être de très mauvaise compagnie, d'avoir l'esprit complètement fermé et de tenir un discours carrément défaitiste, nous pouvons toutes, sans trop de problème, trouver une bonne copine avec qui papoter autour d'un café. Nos projets de vacances, les amours impétueuses de notre ado, l'aménagement de notre patio... Autant de sujets qui trouveront une oreille attentive, pour autant que nous sachions écouter en retour.

Or, si ces conversations divertissantes sont essentielles à notre équilibre mental, ce ne sont pas elles qui nourrissent et définissent l'amitié véritable. Facile, d'être présente pour quelqu'un quand tout baigne. Agréable, de trinquer aux joies et aux réussites d'une copine. Stimulant, d'échanger et de partager nos vues et nos idées. C'est quand tout s'écroule, que notre petit monde bascule et que l'on perd l'équilibre qu'on prend la mesure de l'amitié, la vraie. C'est quand on doute, quand on cherche, qu'on avance à tâtons et qu'on hésite que se révèle devant nos yeux l'amitié véritable, dans toute son humilité et ses grandeurs. Au diable les beaux discours, ce sont les gestes, sentis, qui en sont les preuves ultimes.

C'est cette amie, occupée et fatiguée, qui, par un beau jour de congé, à plus de 30 degrés à l'ombre, vient défaire nos boîtes et laver nos armoires de cuisine, pour ne pas nous laisser seule dans notre déménagement au goût amer. C'est cette autre qui nous offre sans flafla de prendre soin de nos petits pour nous permettre de régler des dossiers importants, des dossiers de grands. C'est aussi celle qui nous accueille chez elle, sans préavis, nous offre un repas préparé avec soin, un verre de vin, une douche chaude, parce que chez nous, rien ne va plus. Enfin, c'est celle qui nous ouvre la porte de son chez-elle, le soir de Noël, pour manger de la tourtière avec sa famille élargie ou déguster des pattes de crabe au coin du feu.