Pourtant, bon an, mal an, décembre et son manteau blanc soufflent sur les braises de ma nostalgie et arrivent à attiser le feu de la magie des fêtes. Bon an, mal an, je fais un pied de nez au cynisme ambiant, j'envoie valser les médisants et je me lance dans un tango enivrant avec les festivités de fin d'année. Je ne donne pas d'emprise à la petite déprime anodine, je ne cède pas d'un pouce devant la fatigue et la lassitude, et j'embrasse à pleine bouche le père Noël et son cortège. J'enfile mes bottes doublées de mouton et sors acheter une compilation de standards jazz. Je hume à pleins poumons les aiguilles de mon sapin (naturel, je suis une irréductible!). Je pétris la pâte à biscuits comme une frénétique et je roule une centaine de truffes chocolatées jusqu'à en avoir mal aux mains. Puis, je suspends les bas de Noël de mes petits, je dévalise ma garde-robe à la recherche d'une robe scintillante que j'aurais oubliée et je teste l'effet de mes bas résille et de mes talons aiguille devant la glace. Puis, doucement, tout doucement, à la lueur des guirlandes de lumière, les flammes, celles de la magie des fêtes, s'élèvent. J'esquisse un sourire, ravie. Une fois de plus, j'ai déjoué la morosité et je suis parvenue à m'imprégner de l'esprit de Noël, à grands coups de bonne volonté et de détermination farouche.