La vie après une chirurgie esthétique

Par
Claudia Morissette
Publié:
9 février 2009
Mise à jour:
5 mai 2009

Une fois la convalescence passée et les cicatrices estompées, comment vit-on avec le fait d'être passée sous le bistouri? Six femmes témoignent.

La chirurgie esthétique soulève son lot de questions. Celles qu'on se pose avant, comme pour qui, pourquoi on le fait? Mais aussi celles qu'on peut se poser après, une fois la poussière retombée, devant l'image que nous renvoie le miroir et nos sentiments face à la transformation. Chose certaine, l'après-chirurgie se vit toujours mieux lorsqu'on s'y prépare, lorsque nos attentes sont réalistes et, surtout, lorsqu'on le fait pour soi. «La chirurgie est un outil merveilleux lorsqu'elle est utilisée de façon intelligente, explique le chirurgien plasticien Marc Dufresne. Indépendamment du problème physique, c'est la façon dont les gens abordent la chirurgie qui compte. Il y a les raisons valables, mais il y a aussi la mode, qui, malheureusement, génère des demandes démesurées ou des attentes trop élevées. Ceux qui espèrent qu'une chirurgie les transforme ou transforme leur vie sont souvent déçus.

À l'inverse, certaines personnes, en changeant un tout petit morceau, changent effectivement leur vie.» Pourtant, même si la chirurgie esthétique se popularise et se démocratise, les femmes qui font le choix de passer sous le bistouri font encore face à plusieurs préjugés. «On croit qu'elles sont superficielles et ne pensent qu'à épater la galerie. Or, la grande majorité nous consultent pour des motifs très raisonnables. Elles ont généralement beaucoup lu sur la question et ont réfléchi longtemps avant de prendre rendez-vous», précise le chirurgien plasticien Roland Charbonneau.

Le faire pour soi, au bon moment, pour les bonnes raisons
Pour être mieux dans sa peau: c'est d'abord pour cela que les femmes optent pour la chirurgie esthétique. «Mais celle-ci n'est pas une panacée. Il est vrai que, chez certaines femmes, un nouveau nez ou un lifting, par exemple, va amener une assurance qui rejaillira sur les autres sphères de leur vie. Ce que des années de thérapie ne pourront pas nécessairement faire. Mais attention: il faut le faire d'abord et avant tout pour soi, et non pas pour plaire aux autres», précise la psychologue clinicienne Danièle Tremblay.

Pour être sereine une fois la chirurgie passée, il ne faut pas se lancer sur un coup de tête ni dans un moment de crise. Sous le coup d'une émotion forte, comme un deuil ou une infidélité, le jugement est affecté et la chirurgie risque alors d'être une bouée à laquelle on pourrait fort bien regretter de s'être accrochée plus tard. Il faut aussi savoir doser ses attentes. «La majorité des plasticiens ne sont pas des vendeurs de rêve. Ils sont d'abord des médecins qui veulent améliorer la vie de leurs patients. On peut corriger certains défauts, mais ce ne sera jamais parfait. Il n'y a pas de miracles, mais un spectre de résultats possibles», dit le Dr Dufresne. La perfection n'est pas de ce monde et elle n'est pas non plus à la portée du scalpel, même le plus fin. Celles qui n'ont pas saisi ce concept risquent d'accuser des fins de non-recevoir d'un chirurgien compétent. «Si on sent que leurs attentes ne sont pas réalistes, on peut refuser ou demander aux gens de poursuivre leur réflexion, explique le chirurgien plasticien Eric Bensimon. C'est le cas des personnes qui arrivent avec des photos de vedettes ou de magazines. Ce n'est pas possible de faire la bouche de l'un, le nez de l'autre, et on doit le leur dire.»

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