L'enfant peut aussi avoir peur qu'on ne parte en guerre contre ses agresseurs. Il craint d'être ridiculisé davantage si on intervient directement auprès d'eux. L'expérience démontre que cela risque, en effet, d'envenimer la situation. «Les intimidateurs peuvent se solidariser encore davantage contre leur victime», dit Richard Gagné, qui a vu cette situation se produire à quelques reprises. En règle générale, donc, il est préférable de laisser à l'enfant le soin d'effectuer lui-même les démarches visant à régler le problème. Ce qui ne signifie pas qu'on le laisse se dépêtrer seul. Plutôt, on l'accompagne dans la recherche de solutions. Si ses intimidateurs fréquentent la même école, on l'incite, par exemple, à en parler à un adulte en qui il a confiance, que ce soit un enseignant, la directrice, le psychologue. Cette personne pourra organiser une rencontre entre les agresseurs et notre enfant. Bien sûr, on assure ensuite un suivi avec les intervenants de l'école.

On doit toutefois savoir que la dénonciation et la confrontation des intimidateurs ne fonctionnent pas à tous les coups. De fait, dans 35 % des cas, l'intimidation ne cesse pas, d'après l'enquête de Jeunesse, j'écoute. D'où l'importance de miser avant tout sur l'écoute et le soutien de notre enfant. Tout de même, il y a des mesures concrètes à mettre en place lorsqu'un cas de cyberintimidation survient.
  • Sauvegarder les messages et les commentaires des intimidateurs. On a ainsi une preuve à montrer lors d'une éventuelle confrontation.
  • Ne jamais répondre aux messages dénigrants. Les ignorer.
  • Quitter sur-le-champ l'environnement en ligne où a lieu l'intimidation (bavardoir, forum, jeux, etc.).
  • Bloquer les expéditeurs des messages offensants (à l'aide de la fonction destinée à cet effet).
  • Porter plainte à notre fournisseur de services Internet. La plupart ont adopté une politique de sanctions à l'égard de ceux qui utilisent leur serveur pour harceler.
  • Alerter la police en cas de menaces physiques ou si on craint pour la sécurité de l'enfant.

    Les moyens de cyberintimidation les plus utilisés
    1. Messagerie instantanée (ex.: MSN)
    2. Courriel
    3. Sites de réseaux sociaux (ex.: MySpace, Facebook)
    La cyberintimidation par téléphone cellulaire est de plus en plus présente. Le cellulaire échappe complètement à la surveillance des adultes. Son détenteur peut filmer une scène embarrassante et la mettre sur Internet, pour le plus grand malheur de sa vedette bien involontaire. Il peut aussi intimider en envoyant des messages textes à sa victime, qui, grâce à son propre cellulaire, peut être rejointe jusque dans sa chambre...

    5 conseils de prévention
    1. Discuter avec notre jeune des risques auxquels il s'expose en diffusant sur Internet photos, capsules vidéo ou renseignements personnels. Lui faire réaliser que le cyberespace est un espace public. Lui enseigner à ne rien afficher en ligne qu'il ne soit pas prêt à montrer au monde entier... et à nous.
    2. L'aviser de donner son adresse électronique uniquement aux personnes qu'il connaît personnellement. «L'échange de listes de contacts, une pratique courante, est à proscrire», souligne l'enseignante Chantal Gendron.
    3. Il ne doit pas divulguer ses mots de passe ou ses codes d'utilisateur à qui que ce soit: la personne pourrait usurper son identité.
    4. Dans le logiciel de messagerie instantanée, activer la fonction permettant de conserver l'historique des conversations.
    5. Pas d'ordinateur dans la chambre. Le placer dans un espace commun de façon à pouvoir jeter un coup d'oeil sur l'écran de temps en temps.