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- Page 1
- Sournoise technologie
- Page 2
- Un jeu pour les écoliers?
- Page 3
- Comment épauler notre jeune
- Page 4
- Des mesures concrètes
- Page 5
- Et si c'était notre enfant,...
Internet et les cellulaires, bien que pratiques, ont cependant un effet pervers: même la maison n'est plus un refuge contre l'intimidation.
Un autre témoignage troublant: «Ma supposée amie avait une page Haine sur son site et j'étais dedans. Les autres ont commencé à rire de moi à l'école et j'ai complètement perdu confiance en moi. J'ai commencé à me mutiler... J'ai pensé à me suicider.» La violence morale est aussi lourde de conséquences que la violence physique. «Ce n'est pas parce que la victime ne reçoit pas de tape sur la gueule qu'elle a moins mal», rappelle Richard Gagné, un psychologue à la retraite qui donne des conférences sur l'intimidation. Malgré son désarroi, un enfant vivant de la cyberintimidation hésite souvent à en parler. «C'est honteux d'être une victime, dit Richard Gagné. Ce n'est pas facile à dire.» Il faut donc être à l'affût des indices pouvant signifier que notre jeune est en détresse: fatigue, perte d'appétit, diminution du rendement scolaire, perte d'intérêt pour l'école et les activités sociales, changement dans les habitudes d'utilisation d'Internet ou d'autres technologies, maux de ventre, etc.
Que faire pour l'aider? D'abord, on reste le plus calme possible. Une réaction trop vive peut le décourager de se confier. Il craindra de se faire blâmer et, surtout, qu'on ne lui coupe l'accès à Internet et à son cellulaire. Cette solution radicale est à éviter, croit Emmanuelle Erny-Newton. «Internet fait partie de la vie sociale des jeunes. Se voir interdire son utilisation, c'est la même chose pour eux que de se faire couper le téléphone pour nous!» Il faut toutefois exercer une supervision plus étroite de son utilisation de ces technologies.
Attention: en outre, si on se laisse envahir par la colère, on est trop prise par notre propre souffrance pour s'occuper de celle de notre enfant. Or, cela doit être notre priorité. «Il a besoin d'être écouté et d'exprimer ce qu'il ressent, affirme Richard Gagné. Il ne faut pas qu'il s'isole.» On doit donc accueillir ses sentiments sans les juger ni les minimiser. Surtout on ne se limite pas à l'habituel conseil: «Ignore-les. Ne t'en occupe pas.» À l'oreille du jeune, cela sonne comme: «Ce n'est pas grave. Ne t'en fais pas.» Au contraire, cette histoire est énorme pour lui. Certains ont même des idées suicidaires. Mieux vaut préciser notre pensée: «J'aimerais que tu t'en fasses moins. Il y a plein de monde qui t'aime.» Si notre jeune est très affecté par ce qui lui arrive, il peut être judicieux de lui procurer un soutien psychologique professionnel. S'il a des idées suicidaires ou montre d'importants changements dans ses comportements ou ses habitudes, on n'hésite pas et on consulte un médecin sans tarder. Dans tous les cas, on reste vigilante et à l'écoute.














