Le mois d'août vient tout juste de prendre ses aises qu'il nous trouve sur la ligne de départ, prêtes à reprendre le flambeau du grand marathon de nos vies. Avec la panoplie d'articles scolaires qui les garnit, les vitrines des grands magasins nous rappellent à l'ordre. Bientôt, c'en sera fini des douces soirées sur la terrasse à refaire le monde sans penser au lendemain. Fini, les petits matins à flâner parce qu'arriver en retard de quelques minutes au camp de jour, c'est pas mal moins grave qu'à l'école. Fini, les après-midi dans le hamac, verre de rosé dans une main et saga historique dans l'autre. Fini... Vraiment?
Et bien, moi, je refuse! Je m'objecte. Je me place en travers de la route pour ralentir la course. Notre course. Je milite pour que septembre ne soit plus synonyme d'une vie rodée au quart de tour, de régime militaire et de routine frustrante et étouffante. Je brandis bien haut ma pancarte pour un slow life mérité et assumé. Je m'engage à réhabiliter ce péché (pas si capital!) qu'est la paresse et à redonner un peu de lustre au farniente et à la lenteur.
Bien sûr, il y aura toujours les soupers à préparer en 13 minutes et demie, les devoirs à superviser, les mille et un rendez-vous à noter à l'agenda, les courses, les tâches ménagères et autres obligations. Bien sûr, il est plus ardu de trouver son plaisir quand on a sprinté toute la journée, de 5 h ou 6 h le matin jusqu'à tard le soir. Bien sûr, ralentir la cadence exige parfois des contorsions dignes d'une acrobate. Mais c'est faisable. Le vieux diction dit: quand on veut, on peut. Et il dit vrai. Comme dans tout, il suffit parfois de regarder tout cela d'un autre oeil pour arriver à trouver du sens à ce qu'on accomplit comme une automate.














