Lire la suite...
- Page 1
- La jalousie: une question de valeur?
- Page 2
- La jalousie: une question d'envie et...
- Page 3
- La jalousie: plus fréquente chez les...
- Page 4
- Jalousie: apprendre à déchiffrer...
- Précédent
- Suivant
Que celle qui n'a jamais senti un soupçon de contrariété en voyant son chum partir pour une soirée entre gars lance la première pierre! Mais, pourquoi être jalouse de situations qui ne nous enlèvent rien?
Pascale aurait brûlé la thèse de doctorat de son chum si elle avait pu tant elle grugeait son temps et son attention. «J'étais devenue veuve avant l'heure, dit-elle. Il fallait que ça finisse, je ne pouvais plus en entendre parler sans avoir la nausée.» Amoureuse de son conjoint étudiant, Pascale aurait été moins contrariée, croit-elle, si elle avait senti qu'elle avait toujours une place de choix dans sa vie.
Sophie, elle, a dû se retenir à deux mains pour ne pas casser la guitare de son chum. «Il la caressait plus que moi!» rage-t-elle. Elle a eu la sagesse de rompre avant de fracasser le bel objet sur la tête de son chéri mélomane.
Sylvie, pour sa part, a imaginé mille manèges pour se débarrasser du chien de son amoureux. Elle a rêvé de l'euthanasier, de le perdre, de le noyer... avant de l'adopter. «On était en concurrence directe. Il venait nous rejoindre au lit! Maintenant, on se tolère. Il dort au pied du lit.»
Comment en arrive-t-on à être jalouse d'une guitare, d'un chien, d'un doctorat? On est tout de même loin de la blonde aguichante! Selon la psychologue Michelle Larivey, ces petites jalousies niaiseuses se pointeraient quand on vit de l'insatisfaction dans notre couple et qu'on tient tout de même à l'amour de notre conjoint. Nées de l'insatisfaction et l'insécurité, ces petites jalousies ne sont généralement pas un problème en soi, mais elles indiquent qu'il y a un problème...
La jalousie: une question de valeur?
Pendant des années, Maryse a éprouvé un pincement chaque fois que Paul partait jouer au tennis avec ses copains. De mauvaise humeur, elle tournait en rond et broyait du noir. «J'avais l'impression qu'il volait du temps à la famille», dit-elle. Elle lui en voulait de la laisser seule avec les enfants. Est-ce qu'elle sortait, elle, les soirs de semaine?
Maryse fait passer la famille avant tout et s'attend à ce que Paul fasse de même. «Lorsqu'on ne se permet pas de faire quelque chose, on est rarement contente que l'autre s'accorde ce droit», constate la psychologue Sylvie Boucher. D'autant plus si, lorsqu'il va jouer au tennis, promener le chien, jouer de la guitare, faire de la photo, etc., on se retrouve avec une double charge. «Non seulement il se permet quelque chose qu'on juge presque défendu, mais en plus on paie pour lui!» remarque la psy.
Il aurait suffi que Maryse prenne du temps pour elle, quitte à se sentir un peu coupable, pour ne plus avoir de raison d'envier Paul et de lui en vouloir. Elle le constate aujourd'hui que les enfants sont plus grands. «Je suis heureuse les soirs de tennis, car je peux faire ce qui me plaît en paix.»


















