La recomposition d'une famille bouleverse la vie de plusieurs personnes. Les enfants doivent créer des liens avec un beau-parent et de nouveaux frères et soeurs, le conjoint, avec des enfants qui ne sont pas les siens, les grands-parents, avec de nouveaux petits-enfants... Ils en parlent. Notre experte, Claudette Guilmaine, auteure, travailleuse sociale et médiatrice familiale, commente leurs réponses.

«J'ai plus de petits-enfants à aimer.» - Anne, 70 ans

«Mes deux filles ont formé des familles recomposées. Pour chacune, je me suis demandé quelle sorte de relation mes petits-enfants auraient avec leur beau-père. Seraient-ils bien traités, aimés? C'est une inquiétude normale, mais j'ai évité de la manifester. Je n'aurais pas voulu que mes filles aient l'impression que je jugeais leur choix de vie. Heureusement, j'ai été vite rassurée, car leurs nouveaux conjoints sont fantastiques avec mes petits-enfants.

«Quand ma plus jeune, alors mère d'un garçon de 4 ans et d'une fille de 2 ans, m'a annoncé qu'elle se remettait en ménage, j'étais contente pour elle. J'espérais que cette deuxième fois serait la bonne. Mais je trouvais aussi qu'elle avait du courage, car son amoureux avait la garde complète de ses enfants de 8 et 11 ans. Ça faisait une grande famille! Quant à mon autre fille, elle a deux enfants et elle s'est remariée avec un homme qui a une fille.

«Je considère que les enfants des conjoints de mes filles font partie de la famille. J'ai toujours fait en sorte qu'ils se sentent bien accueillis. Je leur donne des cadeaux à Noël et à leur anniversaire. Je leur pose des questions sur l'école ou leurs loisirs, tout comme je le fais avec mes petits-enfants naturels. À l'occasion, je leur demande aussi des nouvelles de leur mère, mais sans trop insister. Je ne veux pas qu'ils s'imaginent que je fais une enquête sur leur autre famille!

«Il arrive que l'une de mes filles me fasse des confidences à propos de tensions avec l'ex de son conjoint. Je garde cela pour moi. Je n'y fais aucune allusion devant les enfants. Je ne veux pas les rendre mal à l'aise ni leur faire vivre un conflit de loyauté entre leurs deux familles. J'ai noué une belle relation avec eux et je veux que ça continue.»

Mon bilan: «Mes filles sont heureuses et mes petits-enfants aussi. Quant à moi, j'ai plus de petits-enfants à aimer! Mon conseil aux grands-parents dans cette situation: être ouverts. Aussi, ne jamais juger ou critiquer l'autre famille de leurs petits-enfants adoptifs.»

Ce qu'en pense l'experte «Anne a adopté la bonne attitude: accueillir ses petits-enfants adoptifs avec bienveillance et user de discrétion. C'est là le rôle d'un grand-parent. Même s'il n'est pas toujours facile de s'adapter aux vies compliquées de nos enfants adultes, il faut accepter leurs choix. De toute façon, ils n'ont plus besoin de notre permission.»