Une belle sécurité
Se sentir en sécurité est certes l'un des besoins importants que l'humain cherche, avec raison, à combler. Mais trop, c'est comme pas assez, prévient Jacques Lafleur: «Le fait de se retrancher dans sa sécurité et son confort peut mener à une souffrance pernicieuse en bloquant notre développement: on semble avoir tout pour être heureux, mais on ne l'est pas parce qu'on se sent dans une prison dorée. On préfère poursuivre sa vie dans une voie douloureuse ou ennuyeuse afin de conserver ce qu'on a acquis. Bien entendu, cela va à l'encontre du bonheur, mais il n'y a pas, non plus, de garantie à l'effet qu'un changement amènerait le bonheur. Il y a un risque. C'est notamment ici que les gens heureux se distinguent des autres: ils prendront ce risque, ils trouveront du bonheur à rebâtir.»

 


Une dernière réflexion

Devant les milliers d'études - et les millions de bouquins de croissance personnelle - qui prônent les attitudes et les comportements à adopter pour être heureux, Robert Blondin prodigue un dernier conseil: prendre ça cool. «Je me suis aperçu avec le temps que "chercher le bonheur" est un bien grand mot. Il faudrait plutôt dire "être attentif au bonheur". C'est plus réaliste. Même si je m'y consacre depuis plusieurs années, je ne passe pas mon temps à chercher et à tout observer à la loupe. Je laisse les choses m'arriver et j'en tire des conclusions avec ce que j'ai appris.» Collectivement, il semble également qu'on ait un bout de chemin à faire. «En Occident, on nous apprend à être heureux d'une très mauvaise façon. La société valorise un bonheur modelé par des méthodes, des exigences, des obligations. On doit être "parfaitement" heureux. Le bonheur se pratique comme un sport dans lequel on doit performer. Voyons! C'est le contraire: c'est en lâchant prise qu'on devient heureux!» Après tout, rien ne sert de courir, il faut sourire à point.


À quoi ça sert, le bonheur?

Entre les drames qui secouent l'humanité, la course au bonheur n'est-elle pas, comment dire, un brin futile? À quoi cela sert-il d'être heureux? «Les plus récentes découvertes montrent que ça nous amène à être plus en santé et à vivre plus longtemps, souligne Lucie Mandeville. Quand on rit, on voit s'activer certaines zones du cerveau associées aux hormones qui renforcent le système immunitaire. La médecine s'intéresse de plus en plus à ce phénomène. Des chirurgiens ont constaté que le bonheur avait des effets tangibles sur le corps.»

 

La psychologue Lucie Mandeville nous donne ses trucs pour embrasser le bonheur!