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- Combler un besoin
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- Achats impulsifs: une question d'hormones
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- Suis-je accro à la dépense?
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- Témoignages des accros du magasinage
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- Témoignages des accros du magasinage...
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Il y a eu ce cardigan qu'il nous fallait absolument, ce cadre irrésistible... Acheter est-il plus fort que nous? Est-on accro à la dépense?
Une façon d'être à deux
Lorsqu'ils se sont rencontrés, ils sortaient à peine de l'université. Les premières années, le seul plaisir d'être ensemble leur suffisait. Ils se trouvaient bien dans leur petit appart, meublé, par la force des choses, de façon minimale. Puis tous deux ont accédé à de meilleurs postes et de meilleurs salaires. Ils ont découvert le plaisir des mets raffinés et des objets de luxe.
Parmi ceux-ci, leur passion commune: le vin. «On collectionne les bonnes bouteilles», explique Patrice. Parler de vin est devenu un lien privilégié du couple. «C'est une façon d'être à deux, confie Joanie, de travailler à notre bonheur commun. On se relance: lorsque je trouve quelque chose de nouveau, j'ai hâte de lui en parler, mais cela crée une tension pernicieuse qui nous pousse à dépenser, tout comme le fait d'être entouré de gens qui ont un train de vie élevé.» Dernièrement le couple a vécu une crise qui l'a amené à réfléchir sur sa dynamique. «Notre lien affectif s'effritait. On roulait à une telle vitesse. La consommation et le besoin de tenir le même rythme que nos amis, de s'offrir de belles choses et de bonnes bouteilles avaient remplacé notre bonheur d'être ensemble. Pourtant, au début, on avait du plaisir sans dépenser une fortune. Alors, présentement, on départage ce qui compte vraiment pour nous comme couple et on investit dans des projets de couple plutôt que dans du matériel», conclut Patrice.
Laurent, 50 ans
Comme une voix intérieure
Entrer chez Laurent, c'est comme entrer dans un magasin, tant il y a de choses cordées, certaines encore dans leur emballage d'origine. «C'est comme si une voix à l'intérieur de moi me disait: "Encore, j'en veux encore." J'achetais pour acheter. J'ai une centaine de guitares, mais je n'en joue presque pas! C'est comme si j'avais peur de manquer de quelque chose.»
Avec les années, les dettes de Laurent ont pris des proportions gigantesques. Son obsession l'a même conduit à emprunter de l'argent aux gens de son entourage. «Un 20 $ par-ci, un 100 $ par là, j'ai emprunté à tout le monde. Je travaillais fort pour faire mes paiements minimum et éviter de me faire couper le téléphone...» Plus que les achats, c'est le désespoir qui a finalement pris toute la place. «J'ai touché le fond avant d'aller chercher de l'aide. C'est le CLSC qui m'a dirigé vers les bonnes ressources, notamment l'ACEF. Aujourd'hui, je suis mon plan de dépense à la lettre. Mais ce qui me fait le plus mal, c'est de réaliser tout le tort que j'ai causé à mon entourage. Il y a des choses que ne reviendront jamais comme avant, même lorsque j'aurai remboursé toutes mes dettes.»
Josée, 56 ans
La spirale de l'endettement
«Quand je me suis mariée, j'ai découvert que je pouvais acheter mes meubles à crédit et payer plus tard. À partir de là, je suis devenue accro au crédit, se rappelle Josée. Ce qui comptait, c'était de pouvoir profiter tout de suite de ce qui me faisait envie.» Les premières années, Josée et son mari ne s'en sortent pas trop mal. «Chaque fois qu'on réglait nos dettes, on se disait qu'on ne s'embarquerait plus, mais ça ne tenait pas longtemps! Mon estime de moi était tellement faible que tout ce qui touchait à l'apparence prenait une importance démesurée: vêtements, coiffure, voiture, etc. Pourtant, en même temps, j'avais honte de moi.» Un divorce la laisse seule avec ses dettes et en charge de ses enfants. Elle adopte alors un mode de vie strict et remonte ses finances de peine et de misère. Elle rencontre un nouvel amoureux et se remarie quelques années plus tard. La folie des grandeurs revient au galop, mais le destin frappe: un de ses enfants meurt et tout s'écroule. «Je crois qu'il fallait que je touche le fond pour m'en sortir. Je suis allée à une rencontre de Débiteurs anonymes. Ça a changé ma vie. Aujourd'hui, je travaille tous les jours pour rembourser mes dettes. J'ai un conseiller financier qui m'aide à planifier mon budget. Et ça marche. À mon âge, plusieurs pensent déjà à la retraite. Ce n'est pas mon cas, Mais je sais qu'en maintenant mon budget, je vais y arriver.»
Pour aller plus loin
J'achète (trop) et j'aime ça!, par Claude Boutin, Les Éditions de l'Homme, 2005, 146 p., 17,95 $.
















