Rachelle, 26 ans
Une façon de briser l'ennui
Les chaussures et les sacs, c'est la passion de Rachelle. Au point où l'été dernier, elle a dû se créer un catalogue pour s'y retrouver parmi la soixantaine de paires de chaussures et la cinquantaine de sacs qu'elle possède. «Je n'arrivais plus à me souvenir exactement de ce que j'avais», raconte la jeune femme. Le hic, c'est que ses dépenses ne s'arrêtent pas là. Beaux vêtements, gadgets électroniques; tout l'intéresse. «J'aime dénicher la perle rare, faire un bon achat.




Par exemple, si je vais dans un magasin et que trois morceaux m'intéressent, je repars souvent avec les trois, même s'il s'agit du même morceau dans des couleurs différentes. On dirait que j'ai peur de manquer de quelque chose. Pourtant, mes placards sont pleins!» Elle magasine aussi pour tromper l'ennui. «Si je m'ennuie, je vais au centre d'achats ou même juste à la pharmacie. Les heures passent sans que je m'en rende compte. Je peux entrer pour une brosse à dents et ressortir avec 75 $ d'achats.» Et ses finances dans tout cela? «Je viens de finir de payer mon écran au plasma et mon ordinateur, mais je dois encore 6 000 $. J'ai décidé de prendre les choses en mains. Maintenant, j'apprends à limiter mes dépenses. Je n'achète que ce que je peux me permettre. Heureusement, je vis toujours chez mes parents et je n'ai pas d'autres obligations. C'est évident que je ne pourrais pas garder ce rythme en vivant seule.»

Sylvia, 54 ans
Dépenser sans compter
Sylvia a toujours eu un faible pour les magazines. «Surtout les éditions spéciales qui vaudront cher un jour!» Elle ne sait pas non plus résister aux livres, aux DVD, aux CD, aux beaux carnets, aux parfums et aux articles de cuisine. Il y a deux ans, on lui a trouvé une tumeur au poumon. Sa vie a alors basculé. «Acheter est devenu une façon d'oublier, de me maintenir en vie. J'achetais sur impulsion et sans compter. L'argent me glissait entre les doigts, mes cartes de crédit étaient chargées. Je croulais à tout point de vue.» Endettée, elle tarde à faire ses paiements et doit quitter son grand huit et demi pour un logis plus modeste. Son amoureux, ne pouvant suivre ses désirs insatiables, la laisse. «En voyant la montagne de boîtes de magazines qui occupaient à elles seules un camion de déménagement, j'ai compris. Voilà tant d'argent dont j'aurais besoin aujourd'hui.» La santé de Sylvia a pris du mieux, mais ses finances étaient dans un état critique. «Je me suis jointe aux Débiteurs anonymes. Ça a changé ma vie. J'ai appris à ne pas succomber à tous mes désirs et à payer mes factures à temps. Ça fait du bien de parler d'endettement avec des gens qui vivent la même chose que moi. L'argent est tellement tabou. Personne de mon entourage ne sait ce que je vis. Après une période d'enfer, je commence à voir la lumière au bout du tunnel!»