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On fait de notre mieux pour soutenir nos parents âgés, mais on a l’impression de devoir se battre contre eux pour qu’ils acceptent notre aide? Des non-dits brouillent peut-être la communication. En voici 7 parmi les plus fréquents.
1. «Je ne veux pas que vous vous inquiétiez pour moi.»
Les parents de Lucie, 53 ans, vivent encore dans leur maison de Saint-Jean-sur-Richelieu. Âgés de 85 et 86 ans, ils taisent à leurs deux enfants une foule de petits tracas. «Un jour, mon père a fait une syncope, et ma mère ne m'a prévenue que le lendemain!» se désole Lucie.
Selon Jean-Pierre Lavoie, chercheur au Centre de recherche et d'expertise en gérontologie sociale, certains parents âgés ne veulent pas que leurs enfants se fassent du souci pour eux; ils cachent donc la vérité sur leur état. «J'ai vu une vieille dame qui, pour camoufler ses problèmes de mémoire, collait des Post-it partout chez elle afin de ne rien oublier. Elle les enlevait avant que ses enfants ne viennent la visiter et les remettait en place après leur départ.»
Il est normal de s'inquiéter pour nos parents vieillissants, surtout s'ils vivent encore dans leur maison. Si notre mère tombait? Si elle appelait au secours et que personne ne l'entendait? «Le vieillissement est un processus de fragilisation. Apprivoiser cette réalité est un grand défi pour les enfants. Il faut accepter qu'au fil des ans nos parents vont avoir de moins en moins de résistance, d'équilibre, et de plus en plus de difficulté à gérer leur quotidien: payer leurs factures, régler les thermostats, etc.», explique Jean-Luc Hétu, spécialiste du vieillissement et de la relation d'aide, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.
Afin d'éviter les mauvaises surprises, Carlos Hernandez, travailleur social à la retraite, conseille de ne pas se limiter aux conversations téléphoniques pour s'assurer du bien-être de nos parents. «Il faut sortir avec eux, leur rendre visite sans prévenir, de façon à détecter les signaux», suggère aussi M. Hernandez, qui anime des groupes de soutien aux aidants naturels. De son côté, Lucie a trouvé comment convaincre son père de la prévenir rapidement lorsqu'il ne se sentait pas bien. «Je lui ai expliqué que sa qualité de vie influait largement sur la mienne et que je préférais prévenir ses problèmes de santé plutôt que de tenter de les guérir.»


















