J'ai construit ma maison
«François me proposait depuis longtemps de bâtir nous-mêmes, mais j'avais peur. Au fond, je manquais de confiance en nous. Un soir, j'ai lâché prise. J'ai fait confiance. À François, à notre couple, à notre famille et à la vie! En une semaine, notre maison s'est vendue, alors qu'en toute une année, même avec un agent d'immeuble mandaté, rien n'avait bougé. Le profit, ajouté à nos économies, nous a permis d'acquérir un terrain. J'étais terrifiée. Notre entourage nous avait mis en garde contre l'effet destructeur d'un tel projet sur le couple. On s'est quand même lancés, et on s'est découvert des talents inconnus. J'ai posé du plancher de bois franc, du pavé uni, de la céramique. Chaque moment libre était consacré au chantier. Les soirs, les week-ends, le mois de vacances de mon chum... En quatre mois, la maison était montée, elle avait un toit et on pouvait y dormir.
«Pour nous, ç'a été une expérience formidable. On recommencerait demain matin! Et on a évité les chicanes. Quand on n'était pas d'accord, on s'écoutait et on trouvait des solutions. Pour mieux travailler, on mettait de la musique. On emmenait une jeune gardienne sur le site pour s'occuper des enfants. Mathis avait ses petits outils, et tout était prétexte à un bricolage pour Laurie-Anne. On a impliqué les enfants dans le projet. Dans les magasins bondés, quand les petits étaient fatigués, j'ai parfois acheté la paix avec des bonbons. Personne n'en est mort! On a opéré selon la méthode "un problème, une solution". La famille et les amis s'en sont mêlés; on peut dire que cette maison a tissé des liens et en a resserré d'autres.
«François tenait les cordons de la bourse de main de maître. S'il me donnait 5 $ ou 10 $ le pied carré pour acheter de la céramique, il était entendu que je laissais tomber celle à 7 $ ou à 14 $. J'ai dû renoncer à certains coups de foudre, avec le résultat miraculeux qu'on a respecté notre budget. On est allés en vacances en République Dominicaine en famille, l'hiver dernier, on sort, on mange au resto, on jouit de la vie... et notre hypothèque est identique à celle de notre première maison. Il n'y a que notre bonheur et notre satisfaction qui ont augmenté. Tant qu'on a peur, on stagne. C'est incroyable, tout le pouvoir que l'on a sur nos vies dès le moment où on prend une décision! Cette année, on fête Noël dans une maison qui continue de nous faire rêver, sauf que le matin, au réveil, elle fait bel et bien partie de notre réalité!»












