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- Boulimie : un cercle vicieux
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- Boulimie : des causes complexes
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- Réaprendre à manger
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- L'histoire d'Édith
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Beaucoup de femmes vivent ce trouble alimentaire dans le plus grand secret. Voici comment reprendre le contrôle.
La boulimie : un cercle vicieux
On estime que 1,1 à 4,2 % des Canadiennes souffrent de boulimie. En effet, ce sont majoritairement les femmes qui développent ce trouble alimentaire même si de plus en plus d'hommes en souffrent, pris eux aussi dans le culte de l'image. De plus, ce trouble qu'on tend à lier à l'adolescence toucherait davantage les adultes. «La boulimie s'installe peu à peu, au fil des restrictions, explique le Dr Howard Steiger, chef du Programme des troubles de l'alimentation à l'Institut Douglas. L'âge où l'on compte le plus de personnes boulimiques, c'est 28 ans, mais la boulimie peut se déclarer à tout âge et perdurer jusqu'à 50, 60, voire 70 ans, de façon cyclique ou permanente.» Pour établir un diagnostic, il faut une récurrence de crises au moins deux fois par semaine pendant trois mois. «Les boulimiques sont des personnes très anxieuses par rapport à la prise de poids. Elles ont souvent des pensées du genre "J'ai beaucoup mangé hier, je dois me restreindre aujourd'hui". Ou encore: "J'ai pris du poids, je dois le perdre tout de suite." Beaucoup de règles contrôlent leur alimentation. D'ailleurs, un des principaux éléments déclencheurs de la boulimie, c'est souvent un régime excessif ou prolongé», explique le Dr Steiger.
Une souffrance secrète
Contrairement à l'anorexie, la boulimie ne s'accompagne pas nécessairement de fluctuations de poids apparentes ou d'un refus systématique de manger en public. «Les boulimiques peuvent afficher un poids normal tout en mangeant et en se purgeant beaucoup. Socialement, elles ne refusent pas non plus de manger lors d'occasions spéciales», commente la nutritionniste Marie-France Lalancette. Par conséquent, la boulimie passe souvent inaperçue, échappant même à la vigilance des proches. Il faut dire aussi que les boulimiques développent tout un arsenal de stratégies pour masquer leur comportement. Ainsi, pour faire disparaître les odeurs de vomissements, elles frotteront frénétiquement les toilettes, changeront souvent de vêtements et feront un usage fréquent de la brosse à dents, du rince-bouche et de gomme à mâcher. Elles feront souvent leurs courses furtivement, pour ne pas éveiller les soupçons, et elles garderont sur elles des laxatifs qu'elles prendront aux toilettes, où elles filent souvent, prétendument pour se laver les mains.
Alexandra, 33 ans, en sait quelque chose. Sa silhouette filiforme ne trahit pas que, jusqu'à récemment, elle pouvait engouffrer deux litres de crème glacée à la fin d'une journée de travail trop stressante ou courir au dépanneur à 1 h du matin pour calmer non pas une, mais «dix dents sucrées». «Les gens pensent que je suis mince parce que je mange bien. S'ils savaient! J'ai toujours caché mes comportements alimentaires. Même au pire de ma crise, j'étais très secrète. Comme je travaillais beaucoup, cela me permettait d'éviter de créer des relations trop engageantes ou de me placer dans des situations compromettantes.» Pour éviter d'éveiller les soupçons, elle préférait garder les gens à distance, compromettant sérieusement sa capacité de former des amitiés et des relations amoureuses.

















