Trop parents, pas assez amants?
- Par
- Karine Tremblay
- Publié:
- 6 avril 2006
- Mise à jour:
- 27 mai 2010
On s'était promis que l'arrivée des enfants ne changerait rien à notre vie de couple. On croyait – un peu bêtement, avouez! - que Junior dormirait 20 heures sur 24, nous laissant libres de batifoler comme avant. Et le voilà qui arrive. Secousse sismique.
Tout petit qu'il est, bébé bouleverse notre vie en grand. Le sexe, comme le reste, en prend souvent pour son rhume… Et ça ne s'arrange pas nécessairement lorsque notre petit ange entre à l'école!
La grande majorité des couples doivent réajuster leur vie sexuelle après la naissance d'un enfant. Souvent bien davantage que ce qu'ils avaient imaginé. «L'arrivée d'un bébé ébranle énormément le couple. En devenant parents, certains s'oublient en tant qu'hommes et femmes, amants et maîtresses. Il y a beaucoup de séparations post-bébé parce que l'adaptation à cette nouvelle vie ne s'est pas faite, les conjoints n'ont pas créé un nouvel équilibre en se préservant un espace à eux», souligne la psychologue Brigitte Hénault, qui conseille d'aborder la question avant l'arrivée de bébé.
Aux premières loges des enquiquineurs, il y a évidemment dame fatigue. Le goût de faire l'amour se retrouve souvent loin derrière le fantasme numéro un de tout nouveau parent: dormir. Si possible plus de quatre heures d'affilée.
Les hormones en montagnes russes n'aident pas non plus. Notre corps a mis neuf mois pour fabriquer un bébé, normal qu'il en prenne quelques-uns pour récupérer. C'est d'autant plus vrai si on allaite. Ceci parce que, en présence de la prolactine, hormone favorisant la lactation, les ovaires cessent de produire la petite quantité de testostérone qu'ils fabriquent normalement et qui fouettent la libido. L'équation est simple. Pas de testostérone = peu ou pas d'appétit sexuel.
Sur le plan psychologique, il y a l'apprivoisement du nouveau rôle parental qui exige ajustements. L'image qu'on a de soi et de l'autre est bouleversée, sans compter qu'on peut avoir du mal à accepter ce corps qu'on ne reconnaît plus. Pas étonnant que l'amazone en nous dorme parfois au quatrième sous-sol!
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