Quelques bons tuyaux

Les humeurs en dents de scie d'un conjoint stressé ou dépassé par les événements ne sont pas les seuls défis qui nous guettent. Pour qu'on réussisse nos travaux sans que s'effrite le couple, les experts interviewés s'entendent sur trois points:

1. Se mettre au diapason. Avant même de songer à contacter un entrepreneur, un designer ou qui que ce soit, on doit déterminer ensemble ce que l'on souhaite avoir exactement. Et pour ça, il faut se parler en long, en large et en travers. «La première chose que je constate, relate Simon Coquoz, architecte, c'est que les deux membres du couple pensent souvent qu'ils partagent la même opinion, alors que ce n'est pas le cas. Je les interroge donc individuellement et je deviens finalement arbitre d'idées! Il est très difficile d'arriver à traduire en mots son rêve d'espace, alors qu'avec un dessin ou une maquette on peut l'exprimer plus aisément. L'important, c'est donc d'arriver à une entente et de faire éclater tous les conflits potentiels avant le début des travaux.»

2. S'entourer de gens compétents. Cela semble évident, mais bon nombre de couples s'obstinent à engager des ouvriers trouvés dans les petites annonces... à leurs risques et périls. «C'est ce qu'on a fait lorsqu'on a changé les planchers de l'appartement, confie Loren, 36 ans. On pensait économiser, mais, en fin de compte, on l'a payé cher: le gars n'était pas fiable et a fait du mauvais boulot. Ça nous a beaucoup frustrés, et, pendant un certain temps, ce n'était pas très zen chez nous.» En faisant affaire avec quelqu'un qui nous a été recommandé et en qui on peut avoir confiance, on s'évite donc bien des soucis. «Si on a peur de se faire voler chaque fois qu'on quitte la maison pour aller travailler ou faire des courses, c'est un stress supplémentaire», ajoute Stéphane Bensoussan.

Et comme nous ne sommes pas tous bien outillés pour mettre en branle un chantier, Marie-Josée Ouimet, designer d'aménagement intérieur, conseille de faire appel à un professionnel capable de gérer le projet (un designer ou un architecte, par exemple). «C'est lui qui va, selon le mandat qu'on lui accorde, concevoir le projet, élaborer l'échéancier, faire les demandes de soumissions, engager les intervenants, réagir quand il y a des retards et régler tous les problèmes qui se présentent, précise-t-elle. Souvent, les gens qui le font eux-mêmes se sentent vite dépassés, faute d'expérience. Pour un gros projet, cela peut vraiment nous faciliter la vie.»

3. Bien planifier son budget. L'argent est la cause numéro un de frictions chez les couples. D'où l'importance d'évaluer avec réalisme quel montant on peut se permettre avant d'entamer les travaux, surtout si, comme le rappelle Stéphane Bensoussan, il y en a un qui privilégie l'esthétique peu importe le coût, tandis que l'autre ne voit pas d'un bon oeil toutes les dépenses qu'il juge superflues. «Il est primordial de déterminer quel budget on a, ce qui inclut les frais d'un gestionnaire de projet, si on décide d'y avoir recours, et un petit coussin pour couvrir les imprévus, parce qu'il y en a presque toujours, souligne Marie-Josée Ouimet. Le but, c'est de ne pas dépasser notre budget et de faire les choses différemment si on est serré.» Pour nous épauler dans cette tâche ardue, il ne faut pas hésiter à demander conseil à un planificateur financier. «C'est ainsi qu'on a évité la catastrophe, confirme Stella, 51 ans. Sachant d'avance que nos moyens étaient plus limités que prévu, on a revu nos plans et on a choisi d'étaler les travaux sur sept ans. En ayant des chiffres précis, on a décidé ensemble des compromis à faire