Qu'elles aient 30, 40 ou 50 ans, une route parsemée d'embûches mais aussi de riches découvertes attend celles qui redécouvrent le célibat.
Pour plusieurs, l'évolution se fera à petits pas, et à condition, bien sûr, d'y mettre du sien. «Quand une femme est capable de donner un sens à ce qu'elle a vécu, cela favorise grandement la guérison, croit Linda Bérubé, travailleuse sociale et médiatrice familiale, auteure de Rompre sans tout casser.
On devrait se poser la question: "Qui étais-je avant ma vie de couple?"» Bref, accepter ce qu'on a perdu tout en gardant l'héritage de notre passé, des belles choses qu'on a vécues. Et revenir à la source de ce qu'on est profondément. «Vivre en couple exige beaucoup de concessions, note la travailleuse sociale. Sans compter que la personnalité du conjoint, ses goûts et ses envies ont parfois déteint sur les femmes. Celles-ci doivent donc redécouvrir les désirs, les valeurs et les besoins qui leur appartiennent vraiment.»
Toutefois, force est d'admettre que le couple a toujours la cote et que l'état civil au singulier peut s'avérer lourd à porter. «Ainsi, certaines périodes peuvent être difficiles à vivre pour les femmes seules, estime Hélène Boisvert. Noël, par exemple, et toutes les fêtes en général.»
S'offrir sa chance..
Séparée à l'aube de la soixantaine, Marie se dit chanceuse que des choses et des gens aient facilité sa nouvelle vie. Quelques mois après son départ, elle a déniché par hasard l'appartement de ses rêves dans le même immeuble qu'une de ses bonnes amies! Mais elle s'est aussi aidée elle-même. D'abord en quittant un foyer violent, puis en allant chercher du soutien auprès d'intervenants compétents. «Sans cette aide, je ne sais pas si j'y serais arrivée», assure-t-elle.
En fait, quelles que soient les conditions de la séparation, la capacité d'aller vers les autres est déterminante, même si la plupart des nouvelles célibataires traversent une phase d'isolement plus ou moins longue avant de réagir. Une période charnière pour plusieurs. Et nécessaire, selon Nathalie Legault, sexologue et psychothérapeute. «Il ne s'agit pas de se perdre dans mille activités ou relations sitôt séparée, explique-t-elle. Il ne faut pas fuir ses émotions, aussi pénibles soient-elles, mais plutôt les affronter et les vivre pleinement, car, de toute façon, elles nous rattraperont un jour ou l'autre.»














