Qu'elles aient 30, 40 ou 50 ans, une route parsemée d'embûches mais aussi de riches découvertes attend celles qui redécouvrent le célibat.
Une séparation amoureuse ne va jamais sans heurts et, qu'on soit celle qui quitte ou celle qu'on a quittée, on aura un deuil à faire. Malgré le fait qu'on ait pu pressentir la séparation ou, à tout le moins, le détachement de notre partenaire, se faire laisser suscite un sentiment de rejet. L'estime de soi en prend un coup.
Annick, 34 ans, connaît bien ce sentiment. Il y a deux ans, après avoir vécu plus d'une décennie avec Stéphane, elle a pris son courage à deux mains pour lui annoncer qu'elle ne l'aimait plus. «Ça faisait déjà deux ans que je pensais à partir, raconte-t-elle. Mon deuil s'est fait durant ce temps-là et j'étais prête à vivre seule, mais j'ai trouvé extrêmement difficile de l'annoncer à mon ex. Je me sentais très coupable de lui faire de la peine.» Toutefois, sitôt célibataire, la jeune femme a embrassé sa nouvelle situation avec joie et soulagement, ce qui n'est certes pas le cas pour tout le monde, spécialement celles qui assistent impuissantes au dénouement de leur relation.
«Plusieurs restent accrochées très longtemps à leur peine, observe Laurence Lagouarde. Mais elles n'en témoigneront pas parce que, souvent, elles se sentent un peu honteuses de ne pas s'en sortir plus rapidement.»
La durée de l'épreuve est variable, personnelle à chacune, et dépend d'une multitude de facteurs. Inévitablement, les termes de la rupture jouent, mais, croit Hélène Boisvert, cela dépend également des ressources intérieures de chaque personne, de sa force, de son aptitude à rebondir. «J'ajouterais que la chimie qu'il y avait entre les deux personnes fait aussi une différence. J'ai vu des gens sortir d'une relation de six mois et avoir beaucoup de mal à s'en remettre.» Dans tous les cas, on oublie les livres du genre Comment surmonter votre divorce en 21 jours: il n'existe pas de raccourci.
L'argent... dans tout ça
Toute la question matérielle entre aussi en ligne de compte. Une situation précaire ajoutera nécessairement aux efforts psychologiques qu'une femme séparée devra déployer pour s'en sortir. Et la situation sera d'autant plus difficile qu'elle aura dépendu, financièrement ou affectivement, de son conjoint.














