Pourquoi les femmes sont-elles infidèles?
Regarder ailleurs, moi? De plus en plus de femmes succombent à la tentation. Pourquoi?
Hormones, attentes et frustrations
Qu'est-ce qui pousse des femmes à vivre, pour une nuit, quelques mois ou des années, une histoire d'amour en parallèle? Chez certaines, c'est le désir d'échapper à une relation tiède ou à des responsabilités d'épouse ou de maman qui prennent toute la place. D'autres remettent en question la vie qu'elles se sont créée. En fait, il y aurait autant d'histoires d'infidélité que de femmes infidèles, mais, au dire de celles qui se sont racontées, elles cherchent toutes une variante de la même chose: une étincelle, une confirmation qu'elles sont encore et toujours désirables, dignes d'être aimées.
La tentation serait plus forte encore à certains moments de la vie, notamment lors des grandes transitions touchant à la vie et à la mort. «La grossesse et la naissance d'un enfant, surtout le premier, sont des moments fort éprouvants pour le couple, illustre François St Père. On dort mal, on s'accorde moins d'attention, vu les immenses besoins du nouveau-né. Le décès d'un proche peut également nous ébranler en nous confrontant à la finalité de la vie. Certains se disent alors: "Si je dois mourir bientôt, aussi bien en profiter."»
D'autres coupables? Bien sûr, il y a la crise du mitan de la vie, ce fameux démon du midi, qui en mène large, car, au moment de cette grande remise en question, tout y passe: le travail, la famille, le conjoint. Il peut aussi s'agir de questionnements sur l'orientation sexuelle ou encore de troubles de l'humeur ou de la personnalité. Mais, par-dessus tout, la «raison principale qui motive 80% des infidélités chez les femmes, c'est l'insatisfaction face à leur relation actuelle, souvent suite à des mois, des années de négligence», conclut François St Père.
Cela dit, comme si tout ça ne suffisait pas, voilà que les hormones viennent compliquer la chose. Au début d'une relation, folle d'amour, on attribue tous les mérites à notre nouvelle flamme et on s'imagine qu'il ou elle comblera à tout jamais nos moindres besoins et désirs. Sur le plan physiologique, toute cette romance carbure à un neurotransmetteur du plaisir, la dopamine. On vit réellement d'amour, d'eau fraîche... et d'hormones! «Cet état dure 18 mois, explique François St Père, puis la dopamine est remplacée par la sérotonine, un autre neurotransmetteur qui, lui, favorise l'attachement. Et c'est tant mieux, car notre corps ne pourrait pas supporter cette charge de dopamine à long terme. On est programmés pour s'attacher et pour propager l'espèce. Il y a donc nécessairement un deuil à vivre de ces papillons du début. Pour certaines femmes, ce deuil est impossible.»
C'est le cas de Laurence. «J'aime mon mari, je partage avec lui des rêves et des projets et je ne le quitterai jamais. Mais... j'ai besoin d'avoir un amant, raconte-t-elle. On se sent si bien au début d'une relation: belle, séduisante, un vrai thrill!» Cette attirance, Laurence en est certaine, s'explique par une faible estime d'elle-même, et se sentir désirée comble pour elle ce manque. Cela dit, à ses yeux, son jeu de séduction reste somme toute innocent. «C'est sûr que j'essaie de ne pas penser à ce que je fais à mon conjoint, et je sais que c'est ni correct ni gentil. Mais toute vérité n'est pas bonne à dire et, par respect pour lui, je ne le lui dirai jamais», avoue la femme de 31 ans, qui tient un blogue anonyme dans lequel elle parle en détails de ses indiscrétions!
L'histoire de Laurence illustre un mythe que Jocelyne Robert, sexologue et auteure, voudrait bien démentir: quand on aime, on est fidèle. «Ce n'est pas toujours vrai. L'amour n'est pas un gage de fidélité!» Elle cite même une étude selon laquelle deux hommes sur trois et une femme sur trois se disaient heureux dans leur relation au moment où ils ont été infidèles.
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