«On n'a pas la même conception de la propreté»
Mélanye, 31 ans, éducatrice en congé de maternité
Jean-François, 34 ans, aviseur technique
Parents de Jean-Samuel, 5 ans, Justine, 3 ans, et Mathilde, 5 mois.

Comment ils fonctionnent
Ici, chacun a sa conception de l'ordre et de la propreté. Mélanye classe ses vêtements par couleur dans son garde-robe, mais n'hésite pas à ensevelir la table de la cuisine sous des piles de livres, de revues et de papiers. «Je suis ordonnée dans mon désordre. Je retrouve toujours tout dans mes piles», se défend-elle. Pour Jean-François, tout est parfait tant qu'il n'y a pas de mousses qui roulent sous le lit. «On ne devrait faire le ménage que lorsque cela paraît vraiment. Je n'époussetterai pas la télé simplement parce que c'est dans l'horaire!» explique-t-il.

À cause de ces perceptions différentes, et pour éviter les conflits, le couple a établi des territoires distincts. «Je fuis la cuisine, domaine de Jean-François, sinon je passerais trop de commentaires», explique Mélanye, qui, elle, se charge de plier les vêtements. «Si c'est lui qui le fait, ça m'énerve trop, et je replie tout à ma manière», dit-elle. Jean-François a aussi abandonné certaines tâches, conscient que ses efforts ne seront pas appréciés à leur juste valeur. «Je ne lave jamais le bain parce que, de toute façon, Mélanye repasse derrière moi», raconte-t-il.

Ce qui pose problème
Si ces zones exclusives réduisent les conflits, elles ne sont pas la solution parfaite: des mouvements de protestation se lèvent régulièrement. Mélanye ne veut plus répéter à son conjoint de mettre ses vêtements à l'endroit avant de les lancer au lavage; elle les lave ainsi et les replie exactement comme elle les a trouvés. Jean-François proteste à sa manière en dispersant les empilades de Mélanye sans lui en parler. «Je ne trouve plus rien ensuite», se plaint-elle. À quand la crise?

Si on vit la même situation que Mélanye et Jean-François, nos experts conseillent de...
  • Officialiser les territoires de chacun. «C'est une bonne idée de déterminer des territoires pour chacun, mais il est important d'officialiser le partage des tâches, quitte à le mettre sur papier, soutient Sophie Legault. Cela évitera les malentendus.»
  • Ne pas critiquer la façon dont l'autre accomplit ses tâches. Claudie Arsenault conseille de regarder non pas comment l'autre travaille, mais plutôt le résultat final. «Si la cuisine est propre à la fin du repas, c'est ce qui compte.» Et si ça nous énerve trop et qu'on meurt d'envie d'intervenir, on sort de la maison pendant qu'il s'échine à la tâche.
  • Prévoir un meuble de rangement exclusif. Si on est du type éparpillé, comme Mélanye, Laurie Betito suggère de trouver un bureau où on pourra ranger toutes nos choses. «Ce sera le territoire de Mélanye; ainsi, Jean-François n'aura plus l'impression qu'elle envahit les sections communes.» S'il trouve des papiers appartenant à sa conjointe, Jean-François n'aura qu'à les placer sur ce meuble, au lieu de les disperser dans la maison.

    Ce qu'en pensent Mélanye et Jean-François
    Ils tenteront de changer d'attitude quant à leurs visions différentes du ménage et d'éviter les conflits à propos de la façon dont sont effectuées les tâches. «Je crois qu'on avait oublié que ce qui est important, c'est que les choses soient faites», explique Jean-François. Et Mélanye a très hâte de magasiner son meuble!