Si le col de l'utérus est encore fermé et épais, on commence par appliquer des prostaglandines pour le faire «mûrir». Dès que le col est propice à la sortie de bébé, on perfuse de l'oxytoxine pour déclencher les contractions, augmentant peu à peu la dose jusqu'à ce que les contractions soient régulières et efficaces.
«On n'induit pas avant 41 semaines, à moins d'un problème de santé, car plus on respecte un travail spontané, moins il y a de complications», explique le Dr Jean St-Arnaud, médecin de famille accoucheur au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. En principe, un bébé peut naître à tout moment entre les 38e et 42e semaines de grossesse et seuls 5 % des bébés naissent à la date prévue. Après 41 semaines et demie, on induit, car le placenta vieillit et ne peut plus remplir tous ses rôles d'échange, ce qui entraîne des risques pour le foetus (il ne croît plus, n'est plus oxygéné). On déclenche aussi l'accouchement si les eaux se sont brisées mais qu'il n'y a aucune contraction, car, n'étant plus protégé par la poche, bébé sera plus sensible aux infections. Cela dit, ce sont souvent les mères elles-mêmes, lourdes, fatiguées d'être enceintes et impatientes de voir leur bébé, qui demandent l'induction.
Les plus
- L'induction peut aussi se faire, avec différents degrés de succès, au moyen de méthodes naturelles, comme le décollement des membranes (le médecin sépare le sac amniotique et le bas de l'utérus pour libérer des prostaglandines avec un doigt ganté) et les relations sexuelles (le sperme contient des prostaglandines, et les mamelons en libèrent). Dans ce dernier cas, faute d'études probantes, on ne connaît pas le taux de succès réel.
Les moins
- L'induction peut augmenter les risques de césarienne. En effet, on doit alors rester couchée à cause du monitoring foetal et de l'intraveineuse. Or, en réduisant ainsi notre mobilité, on ne peut se soulager en changeant de position, et on risque donc de demander davantage la péridurale, surtout que l'induction entraîne plus rapidement des contractions fortes et rapprochées. La péridurale augmente à son tour le risque de ralentir le travail, de rendre la poussée difficile et d'entraîner un accouchement avec intervention.
Les interventions: forceps, ventouse, épisiotomie
Elles ne sont utilisées qu'en cas d'urgence ou si le travail ne progresse pas.
L'épisiotomie. Le médecin coupe le périnée, le muscle entre le vagin et l'anus. Comme les déchirures naturelles sont moins importantes et profondes sans épisiotomie, on l'évite, sauf en cas de détresse foetale ou dans celui d'un très gros bébé qui ne passe pas. On doit la pratiquer pour utiliser les forceps ou la ventouse.
Les forceps. Le médecin utilise cette pince pour saisir la tête du bébé et la tirer. «Les forceps sont plus efficaces que la ventouse [ils permettent d'aller chercher un bébé placé plus haut dans l'utérus], et la crainte qu'on en a est exagérée. Leur usage diminue, car on n'enseigne plus aux nouveaux médecins à s'en servir», explique le Dr St-Arnaud. En effet, il faut savoir les utiliser et évaluer correctement la position du bébé, car elles peuvent notamment causer des fractures du crâne ainsi que des lacérations vaginales à la mère.
La ventouse. Comme les forceps, on l'utilise en cas de détresse ou si la mère pousse depuis très longtemps (plus de deux heures) sans succès. On pose la ventouse aspirante sur le crâne du bébé pour aider la tête à fléchir et pour le faire sortir. Elle crée une bosse sur la tête du nouveau-né qui se résorbe normalement d'elle-même.
Dans l'eau
Possible uniquement en maison de naissance et à la maison, l'accouchement dans l'eau se déroule dans un bain à la température du corps.
Les plus
- Il offre un environnement de détente, dans une pièce confortable avec lumière tamisée. Aidée de la sage-femme, on peut davantage se laisser aller et se concentrer sur le travail.
- Les contractions sont moins douloureuses. «Les nerfs qui transmettent la sensation de douleur sont les mêmes qui transmettent celle de chaleur. Et, s'ils transmettent la chaleur, ils transmettent moins la douleur», explique la sage-femme Isabelle Brabant.
Les moins
- On ne peut pas toutes accoucher dans l'eau. Il faut s'informer des dangers et de notre état de santé auprès du médecin ou de la sage-femme.
Les ressouces
Le Regroupement Naissance-Renaissance: (514) 392-0308 (à Montréal).



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