Nos voisins peuvent nous faciliter la vie, comme ils peuvent carrément nous l'empoisonner. Voici quelques spécimens qui peuvent nous donner du fil à retordre, et des conseils pour les apprivoiser.
Par Josée Larivée
Le chiâleux Celui-là aussi nous guette, mais ce n'est pas par curiosité, c'est pour nous prendre en défaut. Convaincu que le monde entier s'est ligué pour l'empêcher de vivre en paix, il cherche la bête noire chez tous ses voisins et semble jubiler lorsqu'il trouve enfin matière à se plaindre. Procédurier par excellence, il est connu de toutes les instances, de la police aux petites créances.
Comment le reconnaître: C'est celui qui nous tient la jambe pendant une heure pour nous dire qu'il n'apprécie pas le type de sacs à vidanges qu'on utilise ou l'endroit où on les dépose. Et tant qu'à y être, il en a aussi contre notre chat qui miaule tout le temps, notre amoureux qui prend sa douche à 10 h et la porte qu'on ferme trop fort... On aime bien: On n'a pas à le rappeler à l'ordre: il fait ce qu'il prêche et ne nous dérangera pas sans nous avoir avertie en trois copies! On aime moins: d'être constamment forcé de marcher sur des oeufs, car il ne lui faut pas grand-chose pour appeler le proprio ou pour venir se plaindre qu'on le dérange. Pour mieux vivre à ses côtés
Avec lui, mieux vaut garder une saine distance, conseille Martine Cinq-Mars. On adopte une attitude sympathique, mais sans forcer la note: on ne veut pas s'en faire un ami, seulement développer une relation cordiale.
On évite de se laisser embarquer dans ses croisades contre d'autres voisins. «Si on se joint à lui dans une bataille, il exigera notre soutien dans tous ses combats. Et, le jour où on lui refusera notre solidarité, il risque de se retourner contre nous», dit Martine Cinq-Mars.
Le chiâleux fait de notre vie un enfer? À la Régie du logement, on connaît bien ce type de voisin. «C'est ni plus ni moins une tendance pathologique à se croire victime d'injustices, note Jean-Pierre Le Blanc. Celui qui est victime de cette "victime" a des recours devant la Régie, mais il doit d'abord porter plainte à son propriétaire.» Si les critiques deviennent carrément du harcèlement, on peut envisager des procédures légales.