Nos voisins peuvent nous faciliter la vie, comme ils peuvent carrément nous l'empoisonner. Voici quelques spécimens qui peuvent nous donner du fil à retordre, et des conseils pour les apprivoiser.
Par Josée Larivée
L'espion Comme par hasard, il sort toujours en même temps que nous. Avec lui, la conversation la plus anodine prend des allures d'interrogatoire. Évidemment, il se tient à la fenêtre, mais on ne l'y voit que rarement, car le voisin senteux se sait senteux, et son sport favori ne serait pas aussi jouissif s'il n'était pas clandestin. Il n'est pas bien méchant, seulement, il n'a pas de vie et se passionne pour celle des autres.
Comment le reconnaître: C'est celui qui veut savoir d'où on arrive, où on s'en va, et nous pose toutes sortes de questions, pas toujours discrètes. On reçoit des amis pour un barbecue? Évidemment, c'est le moment qu'il choisira pour nous retourner notre taille-haie. L'occasion est trop belle d'aborder nos connaissances et d'en apprendre un peu plus sur nous. On aime bien: le sentiment de sécurité que sa curiosité nous assure. Si un incident devait se produire chez nous en notre absence, il nous en ferait un rapport détaillé dès notre retour. On aime moins:le sentiment d'être constamment surveillée, qui nous empêche de profiter du balcon et nous fait garder les rideaux tirés en tout temps. Pour mieux vivre à ses côtés
Si on est nouvellement arrivée dans le quartier, l'attitude de l'espion correspond peut-être simplement à son besoin de se sentir rassuré quant à notre identité. Quelques jours après notre déménagement, on peut aller frapper à sa porte, histoire de se présenter.
On le surprend à nous épier? On le salue courtoisement. Rien ne désarçonne plus un espion que d'être démasqué!
Si rien n'y fait, il faudra peut-être se résigner: même si on n'apprécie pas l'attitude de notre voisin, on ne peut pas le changer. Pour notre bien-être, on peut avoir intérêt à le laisser faire, dans les limites du raisonnable, sans s'empêcher de vivre. «La solution à une cohabitation agréable passe parfois par un certain lâcher-prise», explique Martine Cinq-Mars, psychologue.