Dans une relation amoureuse, les partenaires se connaissent si bien qu'ils savent comment «piquer» l'autre pour le faire sortir de ses gonds. «Il a le don de m'énerver!» entendra-t-on bien souvent. Si, en plus, on est plutôt impulsive ou susceptible, la gentillesse risque d'en prendre pour son rhume! Contrairement aux collègues, qui toléreraient sans doute beaucoup moins bien un manque de respect à leur égard, un conjoint amoureux sera plus indulgent face à nos écarts de conduite. Mais l'indulgence a tout de même ses limites. «Élever la voix, accuser l'autre, c'est normal dans un couple, avance François St-Père. Mais, dès qu'on verse dans le mépris et les attaques personnelles, cela devient inacceptable.»
Les collègues de travail de Chantal, 42 ans, ne se sont probablement jamais douté que leur boss, toujours à l'écoute et juste envers eux, s'avérait souvent abusive envers son conjoint. «Il me reprochait souvent d'être dure avec lui et, consciemment, je savais qu'il disait vrai, raconte Chantal. Malgré cela, c'était plus fort que moi, je ne pouvais m'empêcher de le "malmener" un peu verbalement.»
Un mal plus profond? À force d'introspection et animée par la volonté de sauver son couple, Chantal a fini par comprendre: un père trop absent lui avait légué une insécurité maladive qui s'exprimait dans ses rapports amoureux. «Je "testais" l'amour de mon conjoint en le provoquant et en étant parfois méchante avec lui.» Par ailleurs, le modèle parental aura lui aussi une incidence sur la façon de se comporter envers notre conjoint. «Si on a eu, par exemple, des parents qui se manquaient continuellement de respect, on pourra reproduire le même schéma», observe François St-Père. On peut donc se poser la question: est-on réellement toujours plus gentille avec nos collègues qu'avec notre conjoint? «Si c'est le cas, il y a un problème, dit Marie Claude Lamarche. Par exemple, cela peut relever de blessures profondes, d'abandon, de rejet.»
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