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NOUVELLE
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Plus gentille avec vos collègues qu'avec votre conjoint?
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Au bureau, on est courtoise. Mais, à la maison, on a tendance à ranger la diplomatie au placard. Normal? Oui. Mais pas sans risques...
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Par Isabelle Bergeron
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Un facteur qui peut nous inciter à être «moins gentille» à la maison qu'au bureau est le stress qu'on subit entre 9 h et 17 h. Et lorsqu'on sait que 25 % des hommes et 29 % des femmes vivent un stress quotidien intense au travail (Statistique Canada, données de 2006), il y a tout lieu de porter une attention particulière à la qualité de la communication dans notre couple. En effet, selon une étude menée à l'Institut de recherche et de conseil dans le domaine de la famille, en Suisse en 1998, le stress affecterait à 40 % la qualité de la communication dans le couple. Ainsi, l'épuisement, l'impatience, l'irritabilité, les tracas récurrents et le sentiment d'être submergée comptent comme autant de facteurs de risque à l'entente conjugale. «C'est sûr que les tensions accumulées au travail, si elles ne sont pas bien gérées, vont finir par éclater à la maison», explique Monique Soucy, psychosociologue et coach en gestion de carrière.
Il y a environ deux ans, le conjoint de Julie, 37 ans, lui a posé un ultimatum: soit elle améliorait sa façon de se comporter avec lui, soit il la quittait. «Ça m'a donné un choc, dit la jeune femme. Je savais que j'étais souvent irascible et que ma limite de patience était très, très étroite, mais je n'avais pas réalisé jusque-là que je lui manquais de respect en agissant ainsi.» Pourtant, avec ses collègues, Julie était généralement posée, souriante, indulgente. Une façade derrière laquelle la professionnelle tentait de contenir une pression quasi constante. «Je vivais beaucoup de stress au travail, mais je m'interdisais de le laisser paraître auprès de mes collègues, dit-elle. Je tenais à ce qu'on croie que j'étais toujours en contrôle de la situation même si, parfois, je me sentais dépassée et anxieuse.» Résultat: à la maison, la digue se brisait et Julie se déchargeait de toute la pression accumulée durant la journée sur son conjoint.
Diminuer la pression! Comme le souligne François St-Père, il est important de faire la distinction entre notre vie au bureau et celle à la maison, et de s'arranger pour que notre conjoint ne devienne pas le réceptacle de toutes nos tensions. «Lorsque j'ai fait le lien entre le stress vécu au bureau et ma mauvaise humeur vis-à-vis de mon copain, je me suis donné des trucs pour évacuer celui-ci le plus possible avant d'arriver chez moi», témoigne Julie. Un coup de fil à une amie durant le trajet du retour et un détour à la piscine de temps en temps ont permis au conjoint de Julie de retrouver une partenaire à l'humeur adoucie. «Et je ne fais plus autant d'heures supplémentaires, ajoute-t-elle. Cela me permet d'avoir plus de temps de qualité avec mon conjoint.» Si le stress provient d'un problème avec un collègue, on essaie de le régler le plus tôt possible, par exemple en le prenant à part pour en discuter calmement avec lui. Et si on perd notre calme? «On sort prendre une marche ou, si on a envie de pleurer, on va le faire dans la salle de bains», suggère Marie Claude Lamarche. D'ailleurs, contrairement à ce qu'on pourrait croire, vouloir à tout prix projeter une image positive au travail (notamment en refusant systématiquement de laisser paraître notre agacement ou nos contrariétés) ne nous rend pas service. «On sera davantage respectée si on sait exprimer nos limites et nos besoins, approuve Monique Soucy. Enfin, il faut aussi réaliser que, même si on s'emporte parfois au bureau et que nos collègues nous voient sous un jour plus sombre, ce n'est pas si terrible. L'important est de s'excuser auprès d'eux s'il y a lieu, et de revenir sur ce qui s'est passé de façon à clarifier la situation.»
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