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NOUVELLE
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Êtes-vous faite pour être boss?
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Pour certaines, devenir la patronne, c'est la consécration. Pour d'autres, ce serait plutôt une source de stress et de maux de tête! Et nous, on se situe où?
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Par Isabelle Bergeron
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Un des aspects les plus délicats qu'on aura à gérer en devenant boss est sans doute notre relation avec les gens qui se trouvent sous notre supervision. "Si on travaillait déjà dans l'entreprise, il faut s'attendre à ce que la perception de nos collègues change, avertit Luc Brunet. On devra également prendre une certaine distance avec eux, de manière à asseoir notre autorité." On avait l'habitude de sortir avec eux chaque semaine, d'aller prendre un verre en leur compagnie? Il faudra sans doute revoir nos comportements. L'idée n'est pas de trôner sur notre chaise de patron sans égards pour nos collègues, mais on devra jouer de tact si on veut inspirer le respect. "Bien sûr, on peut continuer d'être sociable, mais on ne sera peut-être plus de toutes les fêtes et, surtout, on devra faire attention à l'image que l'on projette", avise Denis Gagnon. On doit donc toujours garder à l'esprit que nos paroles et nos gestes, même à l'extérieur du bureau (surtout à l'extérieur du bureau), influenceront la perception que notre personnel aura de nous.
Savoir se faire respecter Chantal, 42 ans, avait travaillé sept ans comme conceptrice-rédactrice dans une agence de publicité avant de devenir directrice de création. "Au début, j'ai été un peu étonnée que certains de mes collègues ne se confient plus à moi, admet-elle. Je sentais presque qu'ils se méfiaient de moi!" De fait, certains nouveaux patrons pourront même sentir une certaine jalousie de la part de leurs ex-comparses. Il est important de se préparer à une telle réaction. Et avoir confiance que le temps, entre autres, arrangera les choses. "Quand mes collègues ont vu que je n'étais pas un despote et que je faisais du bon travail, j'ai senti qu'ils m'avaient acceptée", dit Chantal, qui a tout de même dû faire le deuil de son rôle de confidente. Cela dit, si savoir susciter le respect n'exclut pas de se montrer attentif à notre personnel, il faut aussi parfois apprendre à vivre avec les insatisfactions de certains et accepter de ne pas toujours pouvoir plaire à tout le monde. "Le but est d'être respecté, mais il faut s'attendre à ne pas toujours être aimé!" atteste Denis Gagnon. Chantal croit que, lorsque les gens sentent qu'on sait où on s'en va, cela compense le plus souvent pour les vexations momentanées. "Les petites frustrations sont inévitables, dit-elle. L'important, je pense, c'est de montrer de l'assurance quand on est convaincue d'avoir raison. C'est ça qui fera qu'on sera respectée."
Meilleur salaire, tâches accrues Chantal trouve dans son nouveau rapport aux autres une valorisation incontestable, car elle aime diriger tout en tirant le meilleur de chacun des membres de son équipe. "Le fait de devenir boss procure souvent plus d'autonomie, dit Luc Brunet. On a plus de pouvoir sur notre environnement, ce qui peut être très gratifiant." Bénéficier d'une substantielle hausse de salaire n'est pas non plus pour nuire. Un facteur incitatif, certes, mais qui ne tiendra pas la route si c'est le seul avantage qu'on voit à gravir les échelons. "Il faut avoir de bonnes motivations au départ pour accepter un tel poste, dit Pierre-Marc Meunier. Par exemple: aimer prendre des décisions compliquées, trouver des solutions, organiser des choses, etc."
Pas toujours de tout repos! Évidemment, un surplus de responsabilités signifie bien souvent davantage d'heures de travail au compteur. Réunions qui s'étirent, dossiers à régler d'urgence, disponibilité pour le personnel et les clients, etc. " Le fait d'être gérante exigeait parfois que je reste plus tard pour passer des commandes aux fournisseurs ou encore que je rentre plus tôt pour les recevoir. Une autre chose que je n'avais pas prévue!" dit Nadine. Katie, elle, a bien évalué la situation. À 31 ans, elle vient de décrocher un poste de directrice dans une maison d'édition. Les heures supplémentaires faisaient déjà partie de son agenda, tout comme la perspective de devoir gérer un niveau de stress élevé. "Je sais tout cela, dit-elle. Mais ça ne me rebute pas, au contraire! Cela représente une occasion rêvée de progresser dans ma carrière, d'exploiter pleinement mon potentiel et d'acquérir de nouvelles connaissances. Je trouve cela très stimulant."
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