Vert, noir, chaï, oolong… Les thés sont-ils aussi bons pour la santé qu'on veut nous le laisser croire? Faisons le point.
Par Isabelle Emond, nutritionniste
Après l'eau, le thé est la boisson la plus consommée au monde: 15 000 tasses sont bues chaque seconde sur la planète! La version thé noir étant la plus populaire, avec 78 % de la consommation mondiale contre 20 % pour le thé vert.
Tous les types de thé sont produits à partir des feuilles de Camilla sinensis, une plante tropicale. La différence vient du procédé utilisé pour obtenir les feuilles séchées. Le thé vert n'a subi aucune fermentation et presque aucune manipulation, sauf la torréfaction à forte température pour empêcher sa fermentation et préserver la couleur originelle de la feuille. Un avantage de ce procédé est que le thé conserve ses molécules potentiellement anticancéreuses, soit les polyphénols de type catéchine (un antioxydant). La saveur du thé vert est douce, herbacée, parfois fleurie.
Le thé noir, lui, est fermenté dans un milieu humide afin de développer son arôme et sa couleur cuivrée. Au cours de la fabrication de ce thé, il y a production de pigments noirs et oxydation de polyphénols, ce qui élimine son potentiel de protection contre le cancer. Le thé oolong, semi-fermenté, se situe entre le thé vert et le thé noir, avec une saveur plus riche que le thé vert mais plus délicate que le thé noir.
Bon pour la santé, oui mais... Les bienfaits associés à la consommation de thé sont attribuables aux polyphénols de type catéchine. Ils ont des propriétés antioxydantes qui protégeraient contre certaines maladies, tels le cancer et les maladies cardiovasculaires, et ce, en neutralisant les radicaux libres. Les radicaux libres sont normalement produits par les cellules de l'organisme; les problèmes, comme les maladies chroniques, surviennent lorsque leur nombre excède la capacité de l'organisme à les neutraliser. C'est là que les polyphénols antioxydants du thé entrent en jeu... en théorie!