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Soulager la douleur chronique
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Incessante, invalidante et souvent invisible, la douleur chronique a longtemps été taboue. Depuis quelques années, elle est mieux connue, plus étudiée et davantage soignée.
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Par Julie Leduc
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Manon Choinière, chercheuse à l'Institut de cardiologie de Montréal, a participé à une étude montrant que très peu d'hôpitaux ont un centre spécialisé dans le traitement de la douleur. «Ceux qui en ont sont aux prises avec des listes d'attente importantes, indique-t-elle. En 2004, plus de 4 500 patients étaient sur ces listes, la majorité depuis plus de 9 mois. Or, des études ont prouvé qu'une douleur traitée rapidement risque moins de devenir chronique.» Actuellement, on compte en moyenne deux ans d'attente pour avoir une consultation dans un centre spécialisé.
Des effets dévastateurs Entre-temps, les personnes atteintes voient leur vie personnelle durement touchée. Selon la Dre Aline Boulanger, 30 % à 60 % des patients en douleur chronique développent des problèmes de dépression. «Incapable de s'endurer soi-même, on n'a aucune patience pour les autres, témoigne Louise. On a honte d'être comme ça, on ne s'aime plus et certains en arrivent même à penser qu'ils seraient mieux morts. C'est commun, les gens en douleur chronique qui ont des pensées suicidaires.» La vie professionnelle en prend aussi pour son rhume. Mélanie Routhier a dû mettre une pause à sa carrière d'enseignante en raison d'une douleur chronique. La jeune femme de 32 ans, qui a toujours connu des problèmes de dos, a perdu la maîtrise de son véhicule sur la route à l'hiver 2005. L'accident n'a pas fait de blessure apparente - ni fracture ni lésion -, mais il a déclenché une douleur partant du dos jusqu'à sa jambe gauche, intense au point de réduire grandement sa mobilité. Elle a dû réapprendre à marcher, d'abord avec un déambulateur, puis avec une canne.
La douleur chronique est aussi difficile à vivre pour les proches. Plusieurs couples ne résistent pas à l'épreuve. C'est ce qui est arrivé à Mélanie. Son conjoint des dix dernières années l'a quittée en mars dernier. «Ça a été une période très sombre. Pas seulement en raison des sentiments qui étaient en jeu, mais aussi parce qu'il en faisait beaucoup dans la maison. À son départ, j'ai craint de ne pas pouvoir vivre seule. Finalement, j'arrive à m'organiser grâce à l'aide de ma famille et de mes voisins.»
Des traitements qui donnent espoir Louise O'Donnell-Jasmin a fini par trouver un médecin prêt à l'aider au Centre de la douleur du Centre universitaire de santé McGill. «La première fois que je suis entrée dans son bureau, il m'a offert une tasse de thé, se souvient-elle avec émotion. Le plus beau cadeau que les médecins peuvent nous faire, c'est de nous écouter et de nous croire.» Depuis deux ans, Louise a aussi trouvé la bonne combinaison de médicaments, qui soulage ses douleurs à 99 %. «Du jour au lendemain, ma vie est redevenue vivable et ma bonne humeur est revenue.» Les spécialistes interrogés signalent que la méthode éprouvée pour soulager la douleur chronique, c'est l'approche multidisciplinaire. Dans un premier temps, les médecins tentent de diminuer la douleur au maximum par la médication. Le but est de soulager suffisamment la personne pour qu'elle puisse retrouver sa mobilité et recommencer à bouger. Ensuite, ils lui donnent des outils pour améliorer la gestion mentale de la douleur. Ils privilégient donc des solutions physiques et psychologiques. Voici un survol des moyens mis en oeuvre.
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