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NOUVELLE
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Soulager la douleur chronique
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Incessante, invalidante et souvent invisible, la douleur chronique a longtemps été taboue. Depuis quelques années, elle est mieux connue, plus étudiée et davantage soignée.
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Par Julie Leduc
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On s'est toutes déjà cogné un orteil sur le pied d'un sofa et on sait la douleur aiguë qui en résulte. Imaginez cette même douleur 24 heures sur 24. Line Brochu vit cette situation depuis l'âge de 9 ans. Elle souffre d'une maladie lymphatique qui entraîne la formation de ganglions sur ses vaisseaux sanguins. «Cela me cause énormément de douleur au ventre et dans la colonne vertébrale.» Six interventions chirurgicales ne sont pas venues à bout de son problème. «Mes muscles psoas, qui partent du bas de la colonne vertébrale, sont aussi attaqués, ce qui crée une douleur dans tout le bas du corps.» Comme le mal de Line est lié à une maladie, les médecins savent au moins pourquoi elle souffre. Ce n'est malheureusement pas le cas de tous les gens atteints de douleur chronique. Nombre d'entre eux passent pour des malades imaginaires parce que leur douleur n'est pas visible.
Un impact important Louise O'Donnell-Jasmin en sait quelque chose. À 43 ans, sa vie a basculé lors d'une visite chez le dentiste. «J'ai reçu une injection pour la réparation d'une dent et je me suis immédiatement sentie anormalement engourdie du crâne jusqu'aux épaules, raconte-t-elle. La douleur a augmenté durant une semaine jusqu'à ce que je ne puisse même plus avaler.» En faisant l'injection pour anesthésier sa mâchoire, le dentiste aurait atteint une branche de son nerf trijumeau, responsable du transport des sensations du visage au cerveau. Le nerf a guéri, mais Louise a développé une névralgie qui lui cause une douleur chronique intense. «J'ai en permanence des spasmes musculaires dans le trapèze droit, toutes mes dents me font mal et j'éprouve une douleur au visage qui me donne la sensation d'avoir été battue à coups de bâton. Mais, comme je n'ai aucune lésion physique apparente, je me suis souvent fait dire par des professionnels de la santé que j'étais folle. C'est ridicule! Pourquoi aurais-je saboté ma vie alors que j'étais heureuse et parfaitement saine d'esprit!» raconte celle qui menait jusque-là une belle carrière d'auteure et d'éditrice.
Plus répandu qu'on ne croit Comme Line et Louise, environ 20 % de la population souffre, à différents niveaux, de douleur chronique. «C'est énorme comme prévalence», soutient le Dr Christian Cloutier, neurochirurgien responsable de la clinique de la douleur du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. «C'est un problème plus répandu que les maladies cardiaques, affirme-t-il. On dit que la douleur est chronique lorsqu'elle persiste au-delà du délai normal de guérison. Pour être plus pratique, c'est une douleur qui persiste depuis au moins trois mois.» Le plus souvent, la douleur chronique est due à un dérèglement du système nerveux. Car, en temps normal, la douleur est utile. «La douleur aiguë donne un signal d'alarme à notre corps, elle nous dit qu'il faut nous arrêter», explique la Dre Aline Boulanger, directrice des cliniques de la douleur du CHUM et de l'hôpital du Sacré-Coeur, à Montréal. Dans le cas de la douleur chronique, plusieurs composantes font en sorte que le signal ne cesse pas.
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