Quels sont les facteurs déterminants pour conserver la majeure partie de ses facultés au troisième âge?
Par Pam Harrison; traduction: Louise Lemire
De nombreux facteurs entrent en jeu pour déterminer si on sera parmi les 80 % de gens qui conserveront la majeure partie de leurs facultés au troisième âge.
Le facteur le plus décisif est malheureusement impossible à modifier: ce sont nos parents. Si ces derniers ont ou avaient toujours l'esprit bien vif à l'âge de 90 ans, il est fort probable qu'on l'aura aussi.
Le niveau socio-économique est un autre facteur déterminant. S'ils ne sont pas nécessairement plus intelligents, les gens bien nantis financièrement sont en meilleure santé physique et mentale, probablement cause de leurs meilleures habitudes de vie (ils s'alimentent mieux, font davantage d'exercice et fument moins que les personnes défavorisées) et d'un niveau de stress relativement moindre. Évidemment, on peut difficilement modifier son statut économique, encore moins son hérédité.
Par contre, on peut mettre toutes les chances de notre côté par des activités de stimulation intellectuelle. Une étude menée par des chercheurs du Albert Einstein College of Medicine, situé dans le quartier du Bronx, à New York, et du Department of Psychology and Center for Health and Behaviour de l'Université de Syracuse, également dans l'État de New York, a permis de conclure que la lecture, les jeux de société et la pratique d'un instrument de musique sont autant d'activités qui contribuent à réduire la probabilité de troubles mentaux dus à l'âge. Les résultats de l'étude, qui a suivi pendant cinq ans 469 participants de plus de 75 ans non atteints de démence au moment de leur inscription, ont été publiés sans le New England Journal of Medicine. Les auteurs de l'étude supposent que les gens âgés qui ont des passe-temps stimulants peuvent accroître leur «réserve cognitive» et ainsi retarder l'apparition de symptômes de démence, ou encore que la répétition de telles activités ralentirait le processus de dégénérescence pouvant mener à la démence.
Plus le cerveau travaille, meilleures sont les chances de garder ses facultés intactes. Selon cette même étude, le risque de démence était inférieur de 47 % chez les sujets qui faisaient des mots croisés quatre fois par semaine comparativement à ceux qui n'en faisaient qu'une fois la semaine. «Il semble évident que les gens qui pratiquent des activités de loisirs stimulantes pour l'esprit sont plus alertes que ceux qui se contentent de rester assis sur le canapé à regarder la télé toute la journée», ajoute le Dr Chertkow.
Mais il faut voir aussi avec qui on partage le canapé! «L'entourage immédiat, déclare le Dr Chertkow, peut faire toute la différence.» Si notre conjoint est plus intelligent que nous, on court plus de chances de conserver toutes nos facultés intactes que si on vit avec une personne qui ne nous stimule pas sur le plan intellectuel.