Médecine psychosomatique: interaction entre le corps et l'esprit
Existe-t-il un lien entre notre santé physique et notre santé psychologique? Selon la médecine psychosomatique, tout à fait!
Par Danielle Arsenault
Dans les milieux hospitaliers québécois, où cette démarche est actuellement mise de l'avant, une partie du travail des psychiatres formés en médecine psychosomatique se fait auprès des patients hospitalisés pour une chirurgie.
«Des études québécoises ont démontré que les patients ayant subi un infarctus sont plus nombreux à souffrir d'une dépression que la population en général. Si on ne traite pas cette problématique, cela augmente les complications médicales, les patients sont plus fréquemment hospitalisés de nouveau et le taux de mortalité est plus élevé. Notre rôle est d'aider nos collègues à identifier ces cas et, s'il y a lieu, d'intervenir et de les traiter adéquatement. La médecine psychosomatique peut donc influencer favorablement l'évolution de la maladie et le succès thérapeutique», affirme le psychiatre du CHUQ.
Cause à effet Il n'y a pas que les malades cardiaques qui peuvent bénéficier de cette nouvelle mentalité thérapeutique. On sait que la fréquence des problèmes psychologiques (anxiété, dépression, dépendance, etc.) est presque deux fois plus grande chez les personnes aux prises avec une maladie physique chronique, comme le diabète de type 1 et l'arthrite rhumatoïde. Pourtant, selon le docteur Gagnon, la très grande majorité de ces problèmes psychologiques passent inaperçus. «Quatre-vingt-neuf pour cent de ces cas ne sont pas identifiés. Et c'est très significatif pour notre système de santé, puisqu'une étude effectuée dans un HMO (Health Maintenance Organization) de l'Oregon conclut que les personnes aux prises avec des problèmes psychologiques sont généralement de grands utilisateurs de services spécialisés. De plus, ils sont plus à risque de développer, éventuellement, un problème cardiaque tel qu'un infarctus du myocarde.»
Autre avantage d'une telle médecine pour le système de santé: une durée de séjour moins longue. «Par exemple, si on est capable d'identifier les facteurs de stress qui préoccupent le patient avant une intervention chirurgicale, on diminue le risque de complications comme le délirium, ce qui a pour effet d'écourter la durée des séjours», ajoute le psychiatre.