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La schizophrénie, cette méconnue...
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On associe souvent, à tort, la schizophrénie à un dédoublement de la personnalité ou à des gestes violents. Regard sur cette grave maladie mentale encore mal connue…
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Par Danielle Arsenault
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Parmi les nombreux préjugés dont on assaille les schizophrènes, celui qu'ils soient tous dangereux et violents est très répandu. Or, la plupart des schizophrènes ne sont pas violents et ils évitent les contacts sociaux. Toutefois, lorsque la maladie n'est pas bien soignée, certains malades peuvent le devenir comme l'explique le docteur Pierre Lalonde, médecin psychiatre à la clinique jeunes adultes (schizophrénie) de l'Hôpital Louis-H.-Lafontaine. «En phase aiguë, lorsqu'ils sont hallucinés, délirants et qu'ils se sentent en danger, ils peuvent parfois se défendre de façon agressive. Mais une fois sous traitement, la probabilité de violence diminue énormément.»
Signes avant-coureurs Quelques semaines ou quelques mois avant que les tout premiers symptômes psychotiques n'apparaissent, il est possible d'observer des signes avant-coureurs de la schizophrénie. Durant cette phase, la personne a tendance à négliger son hygiène personnelle, se désintéresse de ses activités habituelles et s'isole de ses amis et de sa famille. Elle peut également se comporter de façon bizarre, parler en utilisant des expressions inhabituelles, écrire des textes tout à fait incohérents ou vivre la nuit et dormir le jour. Il n'existe pas de tests de laboratoire pour diagnostiquer la schizophrénie. Le diagnostic est établi lorsque les symptômes sont présents sur une période de plus de six mois.
Traitement Actuellement, il n'existe pas de moyen de guérir définitivement la schizophrénie. Toutefois, il est possible de minimiser les conséquences de cette maladie chronique avec un traitement à long terme. Ce traitement repose généralement sur deux aspects importants: la médication et la réadaptation.
Pour soigner les symptômes de psychose (hallucinations et délires), les psychiatres ont recours aux médicaments antipsychotiques. Lorsque l'épisode psychotique est important, il est parfois nécessaire d'hospitaliser le malade. La prise d'antipsychotique se poursuit habituellement lorsque les symptômes psychotiques ont disparu, et ce, afin de prévenir d'éventuelles rechutes.
Il est important de noter que la nouvelle génération de médicaments antipsychotiques (Clozaril, Risperdal, Zyprexa, etc.) peut également avoir un effet bénéfique sur les symptômes négatifs tout en provoquant moins d'effets secondaires (tremblements, rigidité musculaire, agitation, etc.). Toutefois, il n'y a pas de solution miracle et les schizophrènes traités avec ces médicaments doivent être surveillés étroitement. «Le gros problème avec l'utilisation de ces médicaments à long terme, c'est la possibilité de développer le syndrome métabolique (un syndrome qui désigne une série de problèmes liés à un mauvais métabolisme), car ils font prendre du poids, augmentent le cholestérol et le glucose dans le sang et peuvent causer de l'hypertension. Des études ont même démontré qu'il existe un lien entre le diabète et la schizophrénie, car il y a quatre fois plus de diabète chez les schizophrènes que dans le reste de la population», explique le docteur Lalonde.
Tout aussi importante que la médication, la réadaptation permet au malade de récupérer ou de développer ses fonctions cognitives, affectives ainsi que ses habiletés sociales et professionnelles. Il existe également un peu partout au Québec de nombreux groupes d'entraide qui soutiennent les familles dont un des membres est atteint de cette maladie. Pour en savoir davantage: Société québécoise de la schizophrénie Société canadienne de la schizophrénie Association des parents et amis du malade mental Fondation des maladies mentales
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