La douleur et la tolérance à la douleur varient d'un individu à l'autre. Voilà pourquoi...
Par Linda Barnard; traduction: Louise Lemire
Comment expliquer qu'une personne arrive à franchir le fil d'arrivée d'un marathon malgré des pieds boursouflés, en sang et couverts d'ampoules tandis qu'une autre s'évanouit presque de douleur à cause d'un simple genou écorché? Pourquoi la même blessure provoque-t-elle des souffrances insoutenables un jour et paraît beaucoup moins douloureuse le lendemain?
Tout simplement parce que le spectre de la douleur, qui varie de l'inconfort ressenti en se heurtant un coude au supplice relatif de la fracture d'un os, est très personnel, au même titre que chaque être humain est unique.
De plus, chacun de ces rendez-vous avec la douleur variera en fonction de différents facteurs comme le sexe, les émotions, les hormones, les expériences passées et même les personnes qui sont à nos côtés au moment fatidique.
Le niveau de concentration joue également un rôle non négligeable. Qui ne s'est pas déjà infligé une coupure ou une ecchymose sans s'en apercevoir, tout absorbé qu'il était par une tâche urgente à finir, alors qu'en d'autres circonstances la même blessure l'aurait fait grimacer de douleur?
Enfin, même les gènes entrent en ligne de compte. Certains d'entre eux accentuent la sensibilité à la douleur, tandis que d'autres aident à mieux métaboliser les analgésiques.
Le caractère extrêmement variable et individuel de la douleur a intrigué la Dre Angela Mailis-Gagnon, directrice du programme de la douleur globale au Western Hospital de Toronto, qui en a fait l'objet d'un ouvrage intitulé Beyond Pain, Making the Mind Body Connection. «Il serait naïf de vouloir expliquer la douleur uniquement par des facteurs biomédicaux, sans tenir compte du reste - c'est-à-dire qui nous sommes», dit-elle. Pas deux personnes ne ressentiront la douleur de la même manière; c'est pourquoi elle est d'avis qu'il y a autant de façons de traiter la douleur que de patients.