Depuis une vingtaine d'années, le nombre de grossesse après 40 ans a presque doublé. Selon Statistique Canada, un peu plus de 40% des Québécoises qui donnent naissance ont 30 ans et plus, et plus d'un tiers des bébés nés au Canada naissent de femmes de plus de trente ans. Plusieurs facteurs peuvent expliquer le phénomène. Certaines femmes décident de bien asseoir leur carrière avant d'avoir des enfants, d'autres encore ont des enfants d'un premier mariage mais désirent reconstituer une famille avec un nouveau partenaire. Par ailleurs, la ménopause touche les femmes de plus en plus tard et l'espérance de vie augmente, tant en âge qu'en qualité de vie. De plus, le développement des techniques de fertilité et le fait que la plupart des femmes de 40 ans sont en excellente santé ont augmenté les possibilités de grossesse, même à un âge avancé. Cependant, les grossesses tardives sont considérées à risque et doivent faire l'objet d'un suivi médical rigoureux, même si la plupart se déroulent sans complications, ni pour la mère ni pour le bébé. Voici les principaux points à considérer si vous envisagez une grossesse après quarante ans.
La fertilité Généralement, le taux de fertilité chez la femme décroît à partir du début de la trentaine. C'est donc dire que, à quarante ans, les chances de concevoir sont réduites. À cet âge, les chances de grossesse sont d'environ 50%. De plus, on constate une baisse du taux d'implantation de l'embryon, le taux de grossesse étant de 20% avant 35 ans et de 7% après 42 ans. Enfin, il faut plus de temps à une femme de 40 ans pour devenir enceinte. Une femme dans la vingtaine mettra environ 5 à 6 mois pour concevoir, alors qu'à quarante ans, il faudra entre 14 et 15 mois, puisque non seulement les ovulations sont moins fréquentes, mais certains états, comme l'endométriose, peuvent empêcher la fécondation. Toutefois, de nos jours, plusieurs causes d'infertilité sont traitées avec succès.
Diabète et hypertension À quarante ans, une femme est plus susceptible de souffrir de diabète ou d'hypertension artérielle. Ces états, comme toute autre maladie chronique, peuvent affecter le cours de la grossesse, autant pour la mère que pour l'enfant. Le risque de développer ces deux états au cours de la grossesse sont aussi plus élevés. Après trente-cinq ans, les risques de diabète et d'hypertension pendant la grossesse sont deux fois plus élevés qu'à vingt ans. Lorsque ces états sont diagnostiqués et traités dès le début, ils ne présentent généralement pas de danger, ni pour la mère ni pour le bébé.
Les anomalies des chromosomes Après quarante ans, les risques d'avoir un enfant avec une anomalie des chromosomes est plus grand qu'à vingt ans, même s'il est relativement bas (autour de 1%). La plus connue de ces anomalies est la trisomie 21 , mais elle n'est pas la seule. Deux techniques permettent de dépister ces anomalies: l'amniocentèse et le prélèvement de villosités choriales. En cas d'anomalie, la femme sera confrontée à la décision de poursuivre ou non sa grossesse.
Les fausses couches Le taux de fausses couches durant les trois premiers mois de la grossesse augmente significativement chez les femmes de quarante ans. Alors qu'il est de 12 à 15% chez les femmes dans la vingtaine, il grimpe à 25% chez les femmes de 40 ans. L'incidence accrue d'anomalies des chromosomes contribue à cette augmentation des fausses couches.
Les complications Outre le diabète et l'hypertension artérielle, les problèmes de placenta et les saignements durant la grossesse sont plus fréquents chez les femmes de quarante ans. Les risques de grossesses multiples sont aussi plus grands, ce qui représente un risque autant pour la mère que pour les bébés. Les risques d'un accouchement prématuré sont deux fois plus élevés qu'à l'âge de vingt ans et les risques de recourir à une césarienne augmentent de 80% .
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