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NOUVELLE

Sur les traces de papa

Si elles ont eu envie de pratiquer le métier de leur père, c'est d'abord parce qu'elles ont connu un homme heureux. Rencontres.

Par Josée Larivée

En patrouille

Marie-Claude Rivard, 37 ans
«Quand j'étais petite, mon père m'amenait au poste avec lui. J'adorais ça. Quand il su que j'avais postulé en techniques policières, il a essayé de me décourager. Il m'a dit que je me ferais insulter toute ma vie! Quand j'ai commencé mon cours, il s'est officiellement opposé. J'avais de la peine, mais je me disais que j'allais lui montrer de quoi j'étais capable. C'était devenu une mission: le convaincre que j'allais être une bonne policière. Mais il avait raison sur un point: c'est plus ardu pour moi que pour lui. Juste parce que je suis une femme. À l'école, ça allait bien mais, dans le milieu, ç'a été difficile. Mais mon arme, c'est le détachement. Pour qu'on me voie différemment, il m'a fait promettre de faire des études universitaires. Après deux certificats, je peux dire: "Mission accomplie!" Je suis fière du travail que je fais, et je considère que mon père a été utile à la société. Mon métier correspond tout à fait à ce que je suis, et les obstacles qu'il m'a fallu contourner m'ont rendue plus forte.»

Marc Rivard, 65 ans
«J'ai grandi avec trois soeurs et j'ai élevé deux filles. Entouré de femmes, j'étais un protecteur dans l'âme bien avant de devenir policier. Ma fille Martine m'a souvent traité de père-poule. J'ai fini ma carrière au sein d'une escouade d'enquête, je travaillais en civil dans une voiture banalisée. Je parlais rarement du travail. Quand Marie-Claude a commencé à exprimer son intérêt, j'ai cru qu'elle fantasmait sur une image idyllique. Elle en parlait pourtant de plus en plus. J'ai alors entrepris de la décourager. J'étais témoin des horreurs que pouvaient dire certains policiers à l'endroit des policières. Jamais je ne voulais exposer ma fille à ce genre de traitement! Ma femme s'en est mêlée: elle voulait absolument que je permette à notre fille de poursuivre son rêve. C'est en voyant Marie-Claude réaliser un de ses premiers travaux d'étudiante que s'est fait le déclic: de retour du centre-ville de Montréal, où elle avait rencontré des itinérants et des prostituées, elle était fascinée. Là, j'ai vu ma fille heureuse. J'ai compris que c'était en elle. Elle a beau être policière, elle reste, pour moi, la petite fille qui venait se faire bercer à 2 ou 3 ans pour consoler un chagrin. J'aime ce qu'elle fait, je suis fier d'elle. Mais elle sera toujours ma petite Claudie.»


1. À la ferme
2. À la pharmacie
4. En patrouille
5. Au salon funéraire
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